‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 64 sur 498 · VI · texte numérisé non relu

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34 I/ARIÈGE, IV PARTIE [suite et fin), CHAP. Ier.

Révolution française, il est vraisemblable que Lakanal n'eût rien révélé, en sa personne, des allures d'un conventionnel. L'homme politique ne fut donc, dans Lakanal, comme dans la plupart des hommes, qu'un produit de circonstances contingentes ; mais ce qu'il y avait de constitutif, de foncier dans cet éminent Ariégeois , ce fut sa passion pour le développement des sciences et son génie organisateur pour l'instruction publique. Son rôle politique dans la Convention lui aura créé, dans son pays, des sympathies et des haines, des admirations pour son républicanisme convaincu et inexorable, en même temps que des répulsions invincibles à cause de son vote sur la mort de Louis XVI '. Nous ne voulons point, dans cet ouvrage, aborder, discuter, critiquer à fond ce côté difficile du rôle de Lakanal dans la vie publique ; et, si cela se pouvait, il serait plus sur, quand on n'a envie d'éveiller ni les susceptibilités ni les ressentiments sur un terrain délicat, de taire la participation active que put avoir l'illustre enfant de Foix dans l'achèvement et la fin d'un régime politique, et de se borner à la remarquable et glorieuse part que cet Ariégeois prit, pendant la tourmente révolutionnaire, à la fondation de

1. Sans doute, chacun ne doit compte qu'à lui-même, à sa conscience et à Dieu de ses opinions religieuses, de ses croyances ou de son scepticisme. Toutefois, il est évident que les catholiques ardents et zélés durent être froissés par le symbole si réduit de la Révolution, en matière de croyance religieuse, que Lakanal embrassa comme la plupart des hommes de cette époque. Lakanal ne parut pas dépasser, dans cet ordre de souveraines questions, les Ldéesde Robespierre; il admettait Dieu, la vie future. l'immortalité de l'âme; ce qui est le programme du déisme. Il faisait les invocations obligées du temps à la raison humaine qu'il divinisait; le nom de Lycurgue revenait assez souvent sous sa plume, dans ses proclamations au\ départements, ^vec le nom du Géomètre éternel.

Dans ses conversations et ses correspondances avec Lelut, avecE. Geoffroy Saint-Hilaire, surtout à son heure dernière, il disait : « Je crois à la Providence; mais qu'est-ce que c'est? Je n'en sais rien. Je n'ai regrel à rien de ce que j'ai fait. »

En 1844, sur la tombe d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, il lui disait : ci Adieu, jusqu'à ce que nous nous trouvions réunis dans une meilleure vie. »

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