‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 79 sur 498 · Un journal de l'Ariège · texte numérisé non relu

Un journal de l'Ariège

du peuple et non comme prêtre (je ne l'étais plus), que j'ai été appelé à l'Assemblée nationale, et il ne me souvient plus d'avoir d'autre caractère que celui de député du peuple. »

Sans doute, cette dernière note a semblé à quelques-uns catégorique et pouvant résoudre le problème. Un critique, Paul Legendre, l'ayant reproduite à son tour, pensait, en effet, qu'il n'y avait qu'à s'incliner devant la déclaration de l'illustre conventionnel. Toutefois, a-t-on dit, il s'en faut que nous ayons ici une pièce probante, parce qu'il n'y a qu'une pure confusion. Les paroles consignées par Lakanal ne sont pas de lui ; il les cite comme ayant été dites par l'abbé Siey es; on n'a qu'à revoir le texte dans la brochure de Marcus, où l'on trouve la citation immédiatement précédée de ces mots : ce Déclaration de Sieyès, séance du 20 brumaire. » Ainsi, par inadvertance, on a attribué à Lakanal ce qui revient à Sieyès. Marcus luimême complète les rectifications. « Il est évident, dit-il, que Sieyès parle de lui-même et non de Lakanal. Il suffit, pour s'en convaincre, de se reporter à la séance indiquée. Il s'agit au surplus de Y Assemblée nationale •, c'est-à-dire de la Constituante où siégea l'illustre abbé, et, où ne siégea pas Lakanal qui, comme chacun sait, ne fut élu qu'à la Convention. Le mot brumaire dans la citation n'a été écrit par Lakanal que par habitude. » Puis, reprenant la question pour son propre compte, Marcus ajoute: « Et maintenant Lakanal a-t-il été prêtre? Ce serait s'exposer à fausser cette trop facile figure qu'on appelle l'induction, que de prétendre que Lakanal s'appliquait à lui-même la réflexion de Sieyès, en l'inscrivant sur son calepin. Pour nous, nous ne nous le permettons pas. La question reste donc entière. Nous serions cependant fort reconnaissant à P... de C..., s'il connaît un document

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authentique établissant que Lakanal soit entré, non pas dans les ordres mineurs, mais dans les ordres majeurs qui seuls contèrent, croyons-nous, la prêtrise, de vouloir bien nous l'indiquer1. » Récemment un autre érudit parlait dans le même sens que M. Nigoul : « Lakanal, dit-il, était, dès sa jeunesse, entré chez les doctrinaires, mais il ne reçut jamais les ordres... M. Guillaume, auteur de l'article Lakanal dans le Dictionnaire de pédagogie, dit qu'il tient ce détail de la veuve du conventionnel 2. »

La contradiction est donc flagrante, et se perpétue sans interruption dans tout ce qui a été écrit, pour ou contre, sur le caractère sacerdotal du conventionnel de Serres. Qui ne le voit? Lors même que Lakanal se serait appliqué à lui-même, ou aurait réellement adopté pour lui la formule que Sieyès avait dite pour son propre compte, le nuage n'en subsisterait pas moins dans cette manière de s'exprimer : « Prêtre, je ne l'étais plus. » Y avait- il donc eu un temps où il l'était? Qu'entendaient donc Sieyès et Lakanal, par ces mots, avoir été prêtre, puisque du moment qu'on a commencé à l'être — nous parlons du caractère de prêtre proprement dit — on ne cesse pas de garder ce caractère, quelles que soient les métamorphoses à travers lesquelles on passe dans la vie ?

De là les observations toujours contradictoires qui ont été présentées dans des polémiques plus récentes. Nous ne pouvons ne pas rappeler celles d'un autre publiciste du département. « La constitution civile, que j'ai lue et copiée dans le Moniteur de 1790, dit-il, ne fait aux évêques aucune défense d'employer des clercs laïques. Lakanal

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