La Republique de l'Ariège
2. Ernest Allain, archiviste du diocèse de Bordeaux. Voir son étude Y Œuvre scolaire de la Révolution et Y École ?wrmale de Van III, dans la Revue des questions historiques du 1er avril 1881, p. 460.
l'avait été pour remplir les fonctions de la partie administrative qui incombe au vicaire général ou épiscopal. Quant à la partie de ces fonctions concernant les cérémonies religieuses, cérémonies dans lesquelles l'éveque peut être remplacé par son vicaire, évidemment Lakanal ne pouvait suppléer son oncle, puisqu'il n'avait pas reçu les ordres sacrés.
« Comme ce qui n'est pas défendu par la morale et par les lois est permis , comme nécessité fait loi , l'éveque Bernard Font a confié à son neveu la partie administrative de son évêché, et c'est pourquoi Lakanal a été qualifié de secrétaire ou vicaire épiscopal.
« Pour corroborer ce qui précède, je rappellerai qu'en prenant possession de l'évêché de Pamiers (en 1825), Mgr de Latour-Landorthe s'adjoignit comme secrétaire un laïque, nommé Cabibel, qui plus tard entra dans les ordres sacrés. »
Le même publiciste rappelle que, lorsque l'éveque constitutionnel prit possession du siège de Pamiers, les habitants firent le vide autour de lui et l'appelaient intrus. Lorsqu'il allait en tournée pastorale, les curés ne voulaient pas le recevoir, et les paysans non seulement n'allaient pas à l'église, mais le menaçaient. « Yoilà, continue le docteur Moura, où en était la situation de celui que les curés avaient choisi pour les représenter aux États généraux, et qu'ils insultaient et abandonnaient, parce qu'il avait fait abandon des privilèges du clergé sur l'autel de la Patrie, — est-ce bien pour cela? — parce qu'il avait accepté la constitution civile préparée par le comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale.
« Comment notre contradicteur peut-il invoquer l'autorité des canons pour obliger cet évêque à prendre un grand
vicaire ou vicaire épiscopal selon les règles canoniques? Il vi. 3
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y avait un grand vicaire ; c'était le chanoine Darmaing, qui n'aurait pas manqué de soutenir ses droits, quoiqu'il eût refusé le serment. Bernard Font, homme doux et pacifique, ne jugea pas à propos de lui donner un successeur; il se contenta de son neveu pour secrétaire épiscopal et il fut Jui-méme évéque et grand vicaire à la fois.
« Voilà comment Joseph Lakanal, à qui incombait la partie administrative de l'évêché, peut être qualifié de vicaire épiscopal sans avoir été ecclésiastique. Dans ces temps révolutionnaires et pendant tout le temps que dura la République, des magistrats, des notaires, des avocats et jusqu'à des historiens ne purent admettre le calendrier et les dates républicaines dans la confection de leurs actes légaux. Ce sont les noms, les mois, les dates et les années du calendrier grégorien qu'ils inscrivaient, ainsi que l'on peut s'en assurer chez le premier notaire venu.
« Quoi d'étonnant, dès lors, que l'on ait appliqué le titre de vicaire épiscopal à un secrétaire de l'évêché, tel que Joseph Lakanal i ? »
Nous sommes donc rejetés dans une mise en demeure : qu'on montre les pièces authentiques de l'ordination ou investiture sacerdotale de Joseph Lakanal. Qu'on nous apprenne que notre conventionnel a été ordonné prêtre tel jour, tel mois, telle année, par tel évêque et dans telle église ou cathédrale.
Ajoutons, pour rendre l'obscurité complète, ce que la Biographie universelle des contemporains, publiée en 1834 par Rabbe, Boisjolin et Sainte-Preuve, a dit au tome III, p. 95, sans indiquer les documents sur lesquels elle s'appuie : « Lakanal Joseph était avant la Révolution prêtre doctrinaire et professeur. Il fut nommé vicaire général à