Le docteur Moura, journaus de l'Ariège, mars
l'époque de rétablissement de la constitution civile du clergé. Lakanal est un des hommes qui ont été le plus maltraités dans le dictionnaire de Prudhomme qui l'appelle un prêtre ignare et immoral. C'est lui, au surplus, qui avait fait à la Convention le rapport sur les honneurs à rendre à Marat. » La biographie continue sur ce ton en rappelant la violence de quelques expressions de Lakanal .., Fimmonde royauté, etc.
Ainsi, en définitive, nous restons, dans l'état présent de la question pour Lakanal, indécis entre l'allégation de son sacerdoce supposé d'une part, et d'autre part la sécularisation de sa vie en même temps que ses allures de libre penseur. Les rares papiers de Lakanal semblent garder, sur la question controversée, un laconisme qui équivaut à un mutisme absolu.
XYI1I. — En l'absence de documents écrits officiels1, nous sommes condamnés à rester hésitants entre deux traditions plus ou moins vagues, celle du Midi et celle du Nord, et qui se contredisent. A Paris, les manuscrits de la bibliothèque nationale, où se trouve le fonds du séminaire Saint-Magloire, profondément fouillés par nous, ainsi que ceux des archives nationales, n'apprennent rien sur cette question ; il existe, au contraire, une vague tradition qui nie le caractère de la prêtrise dans Lakanal. Il en est
1. À Pamiers, aux vieilles archives de l'évêché, nommées Archives de la Cathédrale, il ne peut rien y avoir touchant Lakanai, parce qu'elles s'arrêtent à l'an 1738. Cachées dans une embrasure du clocher, elles sont restées là inconnues, pendant le règne éphémère de la constitution civile, el il n'y a rien été ajouté, d'autant plus qu'alors l'église du Camp était la cathédrale. A l'évêché il n'y a et ne peut rien y avoir.. . ; la reconstitution de l'évêché de Pamiers, vacant depuis 1791, ne date que de 1823.
Aux archives de la mairie de Pamiers, ou aux archives de la préfecture à Foix, se rencontrerait-il quelques pièces, d'où l'on pût tirer des arguments à utiliser pour la présente controverse? Jusqu'ici, il ne le semble pas.
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autrement dans les Pyrénées, où persiste une tradition ou opinion assez générale, qui regarde l'enfant de Serres comme prêtre.
Lorsqu'on parcourt, aux archives nationales, les divers écrits tracés par Lakanal lui-même en 1809, époque où il donna sa démission de procureur-gérant du lycée Bonaparte, et exposa, dans un mémoire adressé à M. de Fontanes, ses titres à une retraite, pour ses trente-deux ans passés dans l'instruction publique, on reste étonné que, s'il avait jamais appartenu à la milice sainte par ces liens sacrés qui ne se brisent pas, il ne lui arrive pas même la plus indirecte allusion à ce sujet, pour expliquer, justifier ou plaider les circonstances atténuantes en faveur de sa désertion. Il écrit, le 24 septembre 1808, à M. de Fontanes « qu'il ne veut plus appartenir quà la vérité; » il prouvera « qu'il la préfère à la vie1 ; » comment n'a-t-il point un mot sur un épisode considérable de son existence2?