‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 93 sur 498 · Lettre de Jules Claretie, 11 aoûl · texte numérisé non relu

Lettre de Jules Claretie, 11 aoûl

5. Eugène Maron, Histoire littéraire de la Convention nationale, p. 127-110.

TEMOIGNAGES DES I N TERESSES. 93

manqué de s'apercevoir que Lakanal ne séparait pas les belles-lettres des sciences. « Répondant d'avance à certaines exagérations, très communes de nos jours, et qui commençaient à se faire jour alors, Lakanal défendait les lettres contre les apologistes exclusifs de l'esprit scientifique1. »

Terminons ce chapitre à l'honneur des modestes précepteurs de l'humanité auxquels l'Ariège a donné le jour ; c'est à l'historien de rendre à ces modestes serviteurs l'hommage qui leur est dû. Lakanal a jeté du lusire sur l'Ariège en organisant l'émancipation intellectuelle. L'Ariège le lui a rendu avec quelques quintaux de bronze, en exhumant sa gloire ensevelie clans la poussière des dossiers.

Dans le chapitre suivant, il sera question d'un groupe d'Ariégeois qui ont écrit sur des questions morales, et dont les études sociales honorent le pays de Foix.

1. Voir le discours prononcé à Foix par M. Paul Janet , le 24 septembre 1882. L'Institut de France (Académie des sciences) a reproduit les discours de MM. Paul Janet, Hervé Mangon, Faye, prononcés à l'inauguration de la statue. L'imprimerie nationale a donné aussi le discours de M. le colonel Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers prononcé dans la même cérémonie.

CILUMTItK II

Après le-; sciences pédagogiques, les doctrines sociales. — François d'Usson, moraliste du connnencement du dix-septième siècle. — Prédictions sur les événements considérables de sa vie. — Ses écrits comptent dans la littérature protestante du Mas-d'Àzil. — l'n groupe de moralistes protestants de l'Ariège, au dix-neuvième siècle. — Bégion de Mazères et de Saverdun. — Jean -Joseph ou Jean -Antoine Gleyses. — Selon quelques biographes, il suit quelque temps la carrière militaire. — Enfermé au château de Lourdes, il n'en sort que le 9 thermidor. — Se retire au château de la Nogarède. — Commence à fonder la secte des Ugttmistès. — Livres et brochures sur l'alimentation végétale. — Sa doctrine dans les trois volumes intitulés Thalyde.

— Pléiade de la Nogarède. — Un frère du végétarien de Mazères, le colonel Auguste Gleyses (corps du génie). — Comment à la Nogarède était comprise l'éducation de famille, si l'on repoussait la métaphysique. — Gleyses dans les guerres d'Espagne, de Russie. — Travaux pacifiques. — Casernes du .Midi, fortifications de Bayonne. — Le beau-frère du chef des légumistes, Yictor-Eaurent-Moïse Angliviel de La Bcaumelle. — Il associe les armes au culte des lettres. — Officier du génie, il sert en Espagne. — Passe au Brésil. — Les écrits de notre colonel du génie. — En autre 'moraliste, François Maurel, de Belesta. — Son livre, le Malaise social, ses causes et ses remèdes, paru en 183!). ■ — Critique de ce livre. — Il a le feu de l'apôtre. — Sorte de Bonald de^ Pyrénées. — Victor-Philippe de Saint-André. — Il est nommé viguier d'Andorre. — Patriotisme de ce citoyen de Tarascon. — Industrie des forges. — Les routes. — La question des forêts. — Il voulait que l'Andorre eût son ordre de chevalerie. — Il rédige les statuts de Y Ordre de chevalerie de Charlemagne en dix articles. — Période nouvelle de 1870 à 1884. — M. L. Ayina, inspecteur d'académie. — Ses publications. — Ses ouvrages historiques. — Il a traduit un chef-d'œuvre de Manzoni, Observations sur la morale catholique. — En projet de M. Paul Barrau. — Le Livret civil. — Ce que serait cette innovation pour éviter les fraudes et tromperies sur l'identité des personnes. — M. Martial Seré. de Loubières. — Un de ses ancêtres, capitaine des milices provinciales de Yarilhes. — Fécondité de cet osprit alerte. — Opuscule intitulé Esprit et cœur. — Autre publication, Lettres et fantaisies religieuses et champêtres. — La pièce intitulée fa Violette.

— Ce qu'en a dit madame Claire de Chandeneux. — ■ On lui doit une vie de mademoiselle Françoise-Charlotte «le Galard-Terraube. — Nombreuses collaborations de M. Martial Séré dans la pressa périodique. — Petit Manuel de civilité des écoles. — Son Mois de Marie des litanies

LES ÉTUDES SOCIALES. 9o

aux sanctuaires </> France. — Essai de conciliation de l'érudition et de la piété. — Le P. Albert du Saint- Sauveur. — Ce carme déchaussé, originaire de Saint-Ci irons. — Comment son Ordre du Mont-Carmel} Cannes et Carmélites est un livre d'érudition et d'émotion. — Controverse soulevée par la traduction des œuvres de sainte Thérèse. — Qualités de controversiste dans le moraliste Saint-Gironnais. — M. J. Doumenjou. — Une trilogie du docte curé de Saurat. — Notre-Dame de Celles, . . Y Education virile... Patriotisme. — M. Doumenjou, de l'école de Ballanche, Silvio Pellico. — Critique de ses ouvrages. — L'abbé Doumenjou et l'éducation moderne . — L'abbé Lafont de Sentenac, et son livre sur Y Apocalypse. — L'exégès3 en honneur à Estaniels. — Qualités de l'interprète ariégeois des écrits bibliques. — Hardiesse et ténacité de bénédictin. — Attitude de l'abbé de Sentenac en regard des exégètes protestants et des rationalistes. — Résumé des tendances et du procédé de son Plan de V Apocalypse, et ht signification des prophéties qu'elle contient.

I. — Des sciences pédagogiques nous passons aux études sociales. Si, dans l'ordre des sciences pédagogiques, nous avons rappelé les noms des Ariégeois qui ont montré une organisation capable de pourvoir, de mieux en mieux, aux besoins intellectuels de lumière et de science que comporte l'éducation d'un peuple, il nous reste, dans ce chapitre, à dérouler les essais et tentatives des citoyens du pays de Foix, qui ont cherché ou qui cherchent le meilleur moven d'élever le niveau des connaissances moraies et surtout des mœurs individuelles et sociales. Il est d'un haut intérêt de voir « l'homme qui a la foi et la vertu, regarder avec une grande commisération et une grande tendresse celui qui, à côté de lui, chemine péniblement dans la vie, privé de ces deux grands biens; il voudrait le prendre dans ses bras et, suivant la belle image des Écritures, lui donner du feu de sa lampe pour le remettre dans son chemin i. »

Après un bref retour sur les siècles passés, nous allons venir à ceux qui, dans la première moitié de notre dix-neuvième siècle, ont abordé les études de morale, les études

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