FRANÇOIS D'USSON
soit l'intelligence, nous ignorons si La Troussière a creusé assez savamment son sujet, et s'il a recueilli avec assez d'exactitude tous les traits qui pouvaient éclairer cette belle figure du moraliste du Mas-d'Azil. Il ne suffit pas d'une digression superficielle sur les tendances et le goût du dixseptième siècle pour les anecdotes merveilleuses et ce qui confine au surnaturel. Que nous importent quelques prédictions faites à François d'Usson sur des événements héroïques ou médiocres de sa vie ?
Voici un exemple : le maréchal de Schomberg, gouverneur du Languedoc, craignant une attaque des Espagnols par le Roussillon, fît appel à François d'Usson qui amena quelques combattants. La Troussière raconte qu'un mathématicien, nommé Ferran, qui se mêlait de prédire l'avenir, annonça à d'Usson qu'il serait fait prisonnier sur un cheval gris qui serait tué sous lui, et que le baron de Durban serait estropié d'un coup de pied de cheval noir. — Ce qui arriva l. — Sans doute la coïncidence est singulière, mais on voudrait autre chose.
II. — La mort de madame d'Usson accéléra la sienne ; il se dégoûta de la vie, et, livré à de longues réflexions, il fit une sorte de discours d'adieu à sa famille. Ses dernières pensées, écrites à la lueur des clartés anticipées du sépulcre, forment un testament remarquable d'une haute morale. D'Usson y donne des conseils marqués au coin d'une âme droite, profondément pénétrée de christianisme. On y trouve des mots très heureux et des assertions pleines de justesse2. « Un homme de bien, dit-il, est toujours à la mode. » Il parle en sage chrétien sur la recherche de la fortune,
1. La Troussière, Vie de (VVsson, 2e partie, p. 7 et 8; Amsterdam, 1677.