‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 96 sur 498 · Ibidem, p. 28 et suivantes · texte numérisé non relu

Ibidem, p. 28 et suivantes

vi. 1

08 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et /in), CHAP. II.

sur la tranquillité, la fidélité au roi, sur le mensonge, l'oisiveté, la médisance, la connaissance nécessaire de la religion, sur l'envie, et ensuite sur le choix des amis, la probité, le choix d'une femme en vue du mariage. Enfin, il entre en des généralités très élevées sur le caractère de la destinée de l'homme en ce monde et en l'autre, sur l'amour du prochain et sur les pauvres.

D'Usson a écrit là une bonne page de morale qui compte dans la littérature protestante de l'Ariège. Nous croyons inutile de la reproduire, parce que l'on est frappé surtout du ton et de l'accent qui durent accompagner ces dernières paroles du grand citoyen du Mas-d'Azil. Avec le moment où elles furent dites, s'est évanouie non point leur portée, mais leur puissance d'émotion.

Toutefois, ajoutons que, d'après les nuances très accusées du beau caractère de F. d'Usson, il est présumable que notre Channing ariégeois n'eût jamais pu comprendre les deux étapes que l'esprit philosophique a fait faire à la morale théorique, au dix-huitième et au dix-neuvième siècle. Nous avons eu d'abord la morale indépendante, ainsi désignée, parce qu'on la séparait de toute idée théologique ; mais cette morale n'était pas le dernier terme de l'évolution de la pensée moderne et comportait divers anneaux d'une chaîne que nos écrivains ont égrenée jusqu'au bout. La morale non chrétienne, mais spiritualiste ', devait être dépassée par la morale athée2 ; et celle-ci, à son tour, est supplantée par une morale sans sanction et sans obligation 3. D'Usson, plein de l'Évangile, ne comprenait la morale que comme la science du devoir, et il regardait l'obligation et la sanction comme on les a toujours

Page 1