‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 97 sur 498 · Celle qu'on attribue à M. P. B · texte numérisé non relu

Celle qu'on attribue à M. P. B

3. Guyau, Essai sur une morale sans oblif/ationet sans sanction.

D'USSON et nos systèmes de MORALE. 99

regardées, c'est-à-dire comme l'essence même et le fond de la morale. Il est vrai qu'au temps de d'Usson, on ne parlait pas encore de la doctrine de l'évolution en morale, et il est à croire qu'il n'aurait pas entendu de sang-froid les formules de nos utopistes avancés, disant que les hommes n'obéissent à la morale, que parce qu'ils sont dupes d'une illusion provenant elle-même de leur constitution cérébrale héréditaire. On a cherché et on cherche des équivalents à la morale du devoir ; d'Usson aurait peu compté sur les découvertes des tentativesjaïques , le même lien, qui existe entre la religion et la morale, existant également entre la morale et la civilisation, ces trois choses, croyance religieuse, idée du devoir, société civilisée, étant étroitement unies, et ne semblant pouvoir être séparées qu'à la condition de périr les unes ou les autres '. A l'ancienne morale qui a toujours reposé sur l'absolu, sur la réalité de la différence intrinsèque du bien et du mal, pourra- t-on jamais trouver un équivalent sérieux dans le relatif2? « Prenez tous les corps ensemble, vous ne ferez pas une pensée, a dit Pascal. » Prenez toutes les raisons d'intérêt, aurait dit d'Usson avec l'un de nos philosophes contemporains3, prenez toutes les raisons d'intérêt, de sympathie, de sentiment, et vous ne ferez pas un atome de devoir. Jamais l'intérêt ne sera l'obligation morale. Les lois pénales des sociétés, le blâme de l'opinion publique ont leur empire à l'extérieur. Mais comment expliquer une multitude d'actes obscurs, honnêtes, accom-

1. Voyez les ('-tuiles solides de l'abbé de Broglie, dont nous nous inspirons, la Morale èvolutionniste (le Correspondant du 10 novembre 1885).

2. N'est-ce pas un protestant de notre temps, M. Scberer (libre penseur, si l'on veut), qui a été amené, par l'étude des systèmes nouveaux, à déclarer que la vraie morale, la bonne, Vancienne, Vimpèrative, a besoin de l'absolu, qu'elle aspire à la transcendance, et ne trouve son point d'appui qu'en Dieu?

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