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100 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. II.
plis avec conscience dans les cas où la violation de la loi échapperait au contrôle et passerait inaperçue? comment en rendre raison sans une morale absolue aboutissant à Dieu, à un législateur déterminé? On aurait étalé devant d'Usson la morale d'Herbert Spencer, la critique des systèmes de morale contemporains de M. Fouillée, la morale sans obligation ni sanction de M. Guyau, nous pensons, avec des hommes sérieux, qu'il n'aurait trouvé dans ces livres ni une phrase, ni une raison, ni un motif pouvant remplacer pour soi ou pour ceux qu'il faut instruire cette vieille et simple formule : « Cela est mal », ou « Dieu l'a défendu. »
III. — Après François d'Usson, nous continuerons de suivre un groupe de moralistes protestants de l'Ariège, en venant immédiatement du dix-septième siècle à l'époque moderne. k.yecJea?i- Joseph G/ez.zes(ouGleyzes,ouGleises), nous rencontrons, dans la région de Mazères et de Saverdun, une phalange d'hommes appartenant au culte réformé, militaires , philosophes, savants , publicistes et ingénieurs, auxquels on doit diverses publications ayant pour objet la morale, les travaux publics et le bien général.
Jean-Joseph Gleizes, né en 1773 ', était fils d'un savant ingénieur de la Navarre au corps royal des ponts et chaussées, sous les ordres de l'intendant d'Étigny, à la suite duquel la famille vint s'établir dans une propriété qu'elle possédait près de Mazères, dans le comté de Foix.
Jean-Joseph Gleyzes (ou aussi Jean-Antoine Gleizes), entré dans l'armée en 178*'), où il resta, selon un biographe, jusqu'en 1826, fit preuve, pendant ses années de service, de hautes capacités et d'une remarquable bra-
1. Il y a une variante sur le lieu <!<' sa naissance. Des biographes indiquent Pau (Basses-Pyrénées), d'autres Dourgne, dans le Tarn. Il es! né le 31 octobre 177.J, selon !<■> uns ci, selon d'autres, le 28 décembre.