‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 99 sur 498 · J. -JOSEPH GLE1ZES · texte numérisé non relu

J. -JOSEPH GLE1ZES

voure1. Mais nous le considérerons surtout ici comme moraliste. Pour avoir été dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, il ne les aura faites pas inutilement;

1. 11 existe une divergence incroyable, une confusion ou un doute surtout sur l'emploi de la jeunesse ou des vingt-cinq premières années de Jean- Joseph Gleyzes. D'après Michel Nicolas (Nouvelle biographie universelle, de Firmin Didot, année 1858) et aussi d'après la Biographie deMichaud, le philosophe ariégeois se serait d'abord destiné à la médecine, et aurait suivi les cours de l'école de Montpellier; mais bientôt, sa répugnance pour les dissections anatomiques le força à renoncer pour toujours à cette carrière, et à se tourner vers l'instruction publique. — D'autres biographes content différemment sa vie et entrent sur les développements de sa carrière militaire, en des détails que nous rapportons ici sous toutes réserves.

A l'âge de dix-huit ans, le jeune Gleyzes entra , le 5 septembre 1785, dans le régiment de Cambrésis. Nommé successivement caporal, sergent et sergent-major, il devint sous-lieutenant à l'armée des Alpes, le 1er novembre 1792 et passa, l'année suivante à l'armée des Pyrénées-Orientales où il fut nommé lieutenant. Le 23 novembre 1793, Gleyzes, à la tête de la compagnie des grenadiers du bataillon, enlève la redoute de Béhobie, dont s'étaient emparés les Espagnols. Le 27 juin 1793, il fut blessé à la jambe gauche, en combattant avec les grenadiers de La Tour d'Auvergne, qui enlevèrent d'assaut la redoute de la montagne qui domine Béhobie.

Accusé, peu de temps après, de ne pas partager les opinions de la Terpeur, il fut enfermé dans le château de Lourdes, d'où il ne sortit qu'au 9 thermidor. A dater de cette époque, il passe successivement sous Hoche, à l'armée des côtes de l'Océan, pour l'expédition d'Irlande ; rejoint l'armée du Rhin où il campe tout près des hauteurs de Necker avec le 3e bataillon de sa demi-brigade, et est chargé avec trente hommes d'un courage .■prouvé défavoriser la retraite devant un ennemi infiniment supérieur en nombre.

Nommé capitaine adjudant-major par le général Moreau, il fit la campagne de l'an VIII à l'armée du Danube et eut un cheval tué sous lui, au blocus d'Ulm. 11 rentra en France l'année suivante, après la paix de Lunéville, et se rendit au camp de Montreuil où il reçut le titre de chevalier de la Légion d'honneur.

A la reprise des hostilités, Gleyzes fit partie du 6e corps de la Grande Armée et assista à la bataille d'Iéna où il fut nommé chef de bataillon au 28e régiment d'infanterie de ligne, et prit part à la bataille d'Eylau, avec ce grade, le 10 février 1807.' Au passage du Dnieper, le jeune chef de bataillon se conduisit avec tant de bravoure que l'Empereur le nomma, le 11 mai, officier de la Légion d'honneur.

Après la bataille de Friedland, il rentra en France et prit, le 1er juillet, le commandement du 8e régiment provisoire du 2e corps d'observation de la Gironde. Fait prisonnier à la suite de la capitulation de Baylen et conduit avec ses camarades sur le ponton de la Vieille-Castille, il suggéra à ses compagnons l'idée de la fuite et, après en avoir proposé les moyens, il l'exécuta dans la nuit du 16 mai 1810, avec une audace surprenante.

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les idées avaient fermenté dans sa tête avec les événements.

Le colonel Gleyses, ou Jean-J. Gleyses tout court, selon d'autres, au sortir de sa carrière militaire, longue ou courte, se retira au château de la Nogarède, près Mazères, où il fonda la secte dite des légitimistes, qui lui a fait une réputation bien plus étendue que sa bravoure militaire. A la vue des flots de sang que la guerre et la révolution faisaient couler, il était naturel que Gleyses se demandât quelle pouvait être, dans des créatures naturellement bonnes et douces, la cause d'une cruauté et d'une perversité qui se montraient si souvent dans leurs actions. Il la trouva, dit un de ses biographes, dans l'habitude de tuer les animaux et de se nourrir de leur chair. « L'alimentation animale, dit-il, développe les penchants grossiers et féroces, obscurcit l'intelligence et introduit dans l'organisation humaine des principes délétères, source de maladies et d'infirmités corporelles. La cause des maux physiques et moraux trouvée, il en indiqua le remède dans le régime végétal •. »

Ainsi, un système d'alimentation, inspiré par son âme

Après avoir couru mille dangers, ces braves, ayant à leur tête l'intrépide Gleyzes, rejoignirent enfin l'armée française sur les côtes de France.

A partir de ce jour, il fit partie de l'armée du Portugal où il fut nommé major; envoyé devant Dantzig, le 28 août 1813, il se distingua dans la bataille qui fut livrée devant cette place. Rentré en France, une ordonnance le nomma commandant de la place de Saint-Jean-Pied-de-Port, le 6 août 1815; il fut promu lieutenant-colonel le 30 juillet 1817, passa en qualité de lieutenant du roi à Sisteron, le 25 décembre 1818, etc., et prit définitivement sa retraite le 17 décembre 1826. (Notes venant d'une communication que nous a faite notre historien Castillon d'Aspet, qui, nous le croyons, put voir notre héros au château de la Nogarède, près de .Mazères (Ariège), fréquenté par lui.

D'autre part, celui qui, dans la Biographie universelle de Michaud, signe Jo. Y. la notice sur Jean-Antoine Gleyses, auteur de Thalysie, a reçu, dit-il, aussi, en 1817, l'hospitalité de madame Aglaé Gleyzes, à la Nogarède, et par conséquent se trouvait à la source des renseignements.

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