PREMIERE PARTIE
dernière iniquité ; il ne lui restait rien de son immense fortune. Sa femme fut obligée de chercher un asile dans une auberge ; son frère fut dépouillé et mis en prison. Le Régent^ quand le ressentiment général fut un peu apaisé, fit à sa femme une pension et fit sortir son frère de prison. Mais lui^ resta à voyager en dehors de France dans un état peu prospère. Après avoir parcouru la Belgique, Fltalie, T Allemagne, l'Angleterre^ il se fixa à Venise;, où il mourut en 1729 presque dans l'indigence, mettant de temps en temps sa bague en gage pour vivre. Il faut dire qu'il n'abandonna pas ses habitudes de jeu^ et que ce fut même de 1721 à sa mort sa principale ressource. Ainsi finit celui qui faillit fonder dans notre pays, quatre-vingts ans avant la Banque de France, une institution dont les résultats sur le commerce eussent été incalculables, et qui aurait peut-être prévenu la Révolution sans nous priver de ses conquêtes politiques et sociales.