‹ Histoire des banques en FranceChapitre 7 sur 69 · II. — Naissance du Système · texte numérisé non relu

II. — Naissance du Système

Pendant que toutes ces mesures s'accomplissaient, sans égard pour les plaintes du commerce et sans apporter de sou-

' E. Levassour, ibidiin.

- E. Levasseur, ibidem, p. 357

lagements à la misère générale, raugmentant^ au contrairo, par le ralentissement des affaires que toutes ces décisions décourageaient, une institution, fruit de Tassociation de quelques particuliers, fondée par un étranger^ venait trancher sur ce tableau d'une manière de plus en plus frappante. Une banque analogue à la Banque de France, comme elle commanditée par des actionnaires, escomptait à 5 0/0 le papier des particuliers, émettait des billets payables au porteur et à vue, et qui, étant remboursables en éciis du poids de ce jour (du jour de la date de l'édit) ne pouvaient souffrir de la réduction de la valeur des monnaies * . Des comptes courants étaient ouverts aux particuliers, qui, comme de nos jours, pouvaient, sous un droit minime de 1/4 0/00, soit délivrer des mandats payables en espèces à ceux qui n'avaient pas de compte à la Banque, soit délivrer un bulletin de virement à ceux qui en possédaient.

Quel était donc cet homme qui, au milieu des violences et des spoliations, créait une institution fondée sur la confiance; qui, après les délapidations financières des dernières années de Louis XIV, enfantait le crédit, cette fleur si fragile mais si consolante pour Thonneiir de Tespèce humaine; qui, enfin^ quatre-vingts ans avant la Banque de France, donnait le modèle sur lequel cette institution a calqué ses statuts.

< Un fait utile à signaler et qui a cependant échappé à la plupart des historiens de cette époque, c'est que l'écu de banque dont la valeur devait rester fixe a néanmoins éprouvé une variation. L'édit de mai 1718 avait haussé la monnaie d'argent; au lieu de ne tailler que 40 livres au marc, on en tailla GO. Une livre ancienne équivalait donc à une livre et demie nouvelle. Le même édit créa des écus à la taille de 10 au marc, valant conséquemment six livres. L'ancien écu à la taille de 8 au marc était décrié. Il y avait donc deux écus, l'un en monnaie effective valant six livres nouvelles, l'autre en monnaie de compte (l'écu de banque) valant cinq livres anciennes ou sept livres et demie nouvelles. L'édit du 1er juin i7i8 fit disparaître cette irrégularité en décidant que l'écu de banque serait dorénavant de six livres nouvelles. Rappelons que le même édit (du 20 mai 1718) avait combiné cette refonte avec le retrait de billets d'Etat. Ainsi, pour 40 livres anciennes portées à la monnaie, augmentées de 16 livres en billets d'Etat, on recevait 56 livres nouvelles; or, 40 livres anciennes valant un marc, et t)0 livres pesant également un marc, le Trésor gagnait environ un quinzième de marc par marc, ou 6 2/3 0/0, et retirait, en outre, de la circulation, sans bourse délier, une somme assez importante de billets d'État.

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