‹ Histoire des beaux-arts, 1800-1900Chapitre 17 sur 50 · C. KoROïiMi : À la fenêtre · texte numérisé non relu

C. KoROïiMi : À la fenêtre

Un seul petit tableau, A la fenrlro, permettait de juger du talent de M. Korovine, à la section russe proprement dite; mais comme il était charmant de finesse, d'accords sobres et délicats de tons, et aussi

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d'observation vive el spiriluelle! Le Pavillon national russe nous le faisait heureusement connaître sous un autre aspect purement décoratif. Ces qualités d'analyse délicate, d'observation attentive et cependant aleile et sans lourdeur caractérisaient aussi la petite [XMuture vivante de M. Pasternac : La veille de l'examen, (|ui est venue prendre place au Luxembour|>.

Mais cet artiste mérite une mention spéciale en faveur de la belle série de dessins d'une (grandeur simple et éloquente qu'il a exécutés pour Résurrection de Tolstoï.

C'est là une des rares œuvres qui nous rappellent ce grand nom, du moins par l'esprit, car l'illustre apôtre de la doctrine évangélique n a pas manqué d'être célébré sous la forme iconique par ses compatriotes : Répine, Gay ou le sculpteur Troubetzkoï.

Mais la littérature russe, qui a exercé une influence si considérable sur la pensée contemporaine, paraît, en art, avoir touché surtout le milieu français. Nous avons signalé antérieurement les effets de ces échos particuliers. L'art russe n'en porte que des traces assez rares. Sans doute, faut-il voir dans ce fait l'action un peu brutale des mœurs religieuses dont lorthodoxie étroite et despotique fait exclure systématiquement toute peinture religieuse qui s'écarte si peu que ce soit et sur quelque point que ce soit des traditions. Ce fut justement le cas de Nicolas Gay. Ce peintre (décédé en 18 96) d'origine française par son grand-père expatrié en Russie, à l'époque de la Révolution, se fit connaître d'abord par des sujets de genre historique dans le goût de Delaroche. Mêlé au milieu des agitateurs ou littérateurs russes, soit à Florence, où il vécut d'abord, soit à Saint-Pétersbourg, il ressentit de bonne heure la poussée du courant à la lois religieux et altruiste qui le rapprocha de Tolstoï dont il devint le fidèle ami. Ses tableaux religieux, la Sainte Cène, Jésus à Getsemani, Le Christ et Pilate, Le Crucifiement, tentèrent de réunir dans un art à la fois réaliste et expressif , mlent et parfois même un peu outré, à notre goût français, ce double esprit évangélique et populaire de l'auteur de Ma Religion et de Résurrection.

Le sentiment populaire se trouve traduit en nombre d'œuvres, touchant plutôt à l'anecdote ou au genre, dans l'innombrable collée-

tioii nallonale tlu Musée Tretiakoff^^^; les meilleures sont signées des noms de MM. Répine, Kassatkine [Dans le couloir du palais, Exposition de 1 ()oo) ou Makowsky, dont la section russe comprenait de nombreux envois. Ce sentiment populaire est exprimé avec le réalisme pénétrant que nous admirons dans les grands écrivains russes, Tourguenieff, Tolsloï ou Dostoievski, par un peintre doué de qualités peu communes de fougue et d'entrain, M. Maliavine. Il était une de ses toiles, le Rire, conçue sous une large lumière, dans l'esprit de Besnard ou plutôt de ses dérivés Scandinaves, et exécutée avec une audace folle et aventureuse, mais une vaillance endiablée de vrai peintre. Sa Jeune paysanne

Petue de l'Art ancien et moderne.

iMaliavink : Le Rire.

russe en caraco rouge, plus sage, solidement construite, et toujours vivement modelée, montre ce qu'on peut attendre d'un tel artiste doué au plus haut point du caractère local.

Parmi les paysagistes, à côté de EndogourolT, Stabrovsky, Leistikow, Ostrooukhow, etc. , il faut signaler particubèrement le regretté Lévitan. Il y a là vraiment un naturaliste intelligent, sensitif, ému, qui garde bien son accent de terroii", malgré certains souvenirs qui le rapprochent des nôtres. L'Exposition de igoo nous a permis de nous en faire une idée avec sa Nuit, son Printemps et surtout son Commencement (le printemps.

'"' Voii" à ce siijel : Andrf' Beacnier, Notes sur la Russie, la peinture rmse , Tricon . ('dit. 1901

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Il convient de dire un mot encore de Texposifion abondante et facile de M. V. Wasnezow, pseudo-mystique; de M. Pokitonow, aux tableaux minutieux, de M. Hirschfeld, plus français (jue russe.

Enfin, dans les dépendances russes, |)rès de la Finlande, il faul indicpier quelques artistes polonais dignes d'attention. Ce sont les poitraitistes Loevy, Pankievicz, les paysagistes Weyssenboiïet M""" Gazycz; les peintres de sujets populaires ou anecdotiques, M. Ryszkiewicz et surtout M. Piechovski. Ce dernier exposait en 1900, une Procession, assez déconcertante au premier abord par des caractères de gaucherie et d'exaj'jération caricaturale. Mais on y découvrait avec un peu d'attention, à coté d'une mimique parfois outrée et d'un humouiun peu gros, des (pialités de vrai peintre ingénu et résolu, d'un talent primesautier.

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