ALLEMAGNE
Nulle part, peut-être, plus qu'en Allemag-ne on n'a fait effort pour arriver à la constitution d'une grande école nationale; nulle part on n'a déployé plus de volonté, de persévérance et de discipline. Leffort produit en ce sens correspond bien à celui qui a été si patiemment suivi et victorieusement réalisé pour constituer l'unité de TEmpire. Mais l'essence de l'art c'est la liberté; on peut créer par la volonté une école; crée-t-on un art? c'est tout autre cbose.
Depuis les grandes et lointaines figures de Albert Durer, de Cranach et de Holbein — ce dernier, d'ailleurs, originaire de Baie, comme le sera de nos jours Boecklin, — I art allemand n'avait donné que les talents, littéraux et médiocres, de Dietrich et de Denner ou de cette aimable et bien cosmopolite Angelica Kauffmann. La personnalité de Raphaël Mengs fit quelque temps illusion même au delà des frontières rhénanes. Ce peintre doctrinaire, doublé d'un écrivain, servit du moins à donner à l'art de son pays, à la veille du xix*^ siècle, une impulsion et une première direction. Cette direction, comme on sait, fut orientée également par les travaux de son ami Winckelmann et du poète Lessing vers l'antiquité, et accéléra le mouvement parallèlement produit en France. Car David, nous l'avons vu, se trouva à Rome sous l'influence de ce milieu archéologique. C'est le premier élan de l'art allemand contemporain, art déjà tout savant et tout professoral et qu'un grand allemand de l'époque, A. de Humboldt, jugeait d'un ton sévère mais impaitial en parlant d'une exposition de peinture allemande rrdans laquelle il y a, dit-il, un mélange de talent et d'ennui dogmatique bien extraordinaire^'^ 7?. Le peintre le plus célèbre en fut le danois Carstens, émule de sou compatriote le sculpteur Thorwaldsen.
<"' Correspondance de Fr. Gérard, 20 nclobre 189,6, p. 961.
hlh EXPOSITION DE 1900. — BEAUX-ARTS.
La réaction contre i'art antique se fit sentir en Allemagne [jIus tôt (juVii France, à la suite du mouvement romantique dans la littérature, mouvement à la fois nationaliste et liistori((ue, j)oétique et mystique. L'influence deWieland, des frères Sclilégel, de Tieck, etc., ramenait les esprits vers les origines germaniques, le moyen âge, considéré comme idéal social, et les sujets chrétiens primitifs. Le mysticisme de Frédéric Schlégel, qui se convertissait au catholicisme, se communiquait à Overbeck; celui-ci l'imitait bientôt, ainsi que les compagnons qui le suivirent à Rome en 1810, et fondèrent autour de lui, dans le couvent de Sanisodoro, l'école nazaréenne, rr L'école nazaréenne, écrit encore A. de Humboldt à son ami Gérard, — c'est ainsi qu'on appelle ici ce style byzantino-germanique, — prend le dessus et ceux qui travaillent dans une autre route vivent aussi de réminiscences de l'Ecole avant Raphaëh^ et il ajoute fort justement : rrCe qui manque n'est pas la partie technique et le savoir, c'est l'expression de la vie, la liberté dans l'emploi du talent^^^^ C'est, on le voit, la même tendance qui se manifeste en France chez les primitifs de l'atelier de David, mais ici, avec un mysticisme moins réellement religieux et plus plastique, et la même qui se manifestera en Angleterre par le mouvement aboutissant beaucoup plus tard au préraphaélisme. Il n'y manquait même pas le principe de faux réalisme minutieux crque Dieu a compté chaque cheveu sur la tête des hommes^"^^^ Tant il est vrai qu'une conscience commune dirigeait déjà les diverses écoles européennes dans leur évolution parallèle.
On peut ajouter que, dès ces premiers jours du siècle, certains foyers communs s'ouvrent à toutes les écoles. C'est principalement l'Italie avec Florence, avec Rome, qui est alors comme la capitale de l'art allemand et qui mit en contact, sur son sol sacré, les Français installés déjà séculairement dans un domicile officiel, les Allemands fixés à l'abri des troubles qui agitaient leurs pays, les Anglais, toujours très imbus d'italianisme.
Plus tard, on se retrouvera à Paris qui appelle nombre d'artistes étrangers à l'occasion de ses expositions universelles, à Paris, où une
C Lelli-e à Fr. Gérard, 961. — <') Jd. Ibid.
colonie d'artistes allemands se mêlent à notre mouvement artistique, sont récompensés dans nos expositions, acquis par nos musées, tels les frères Achenbach, tels Knaus, Hoguet, Leyendecker, 0. Scholderer ou Schlesinger, ces deux derniers qui se fixent à Paris, tels Brendel établi à Barbizon. ou encore Lebmann, Heilbuth et Scbenck qui se firent naturaliser Français. Car les rapports entre Tart allemand et l'art français furent constants avant les événements de 1870 et Ton peut en juger par les rapprocbements qu'il est permis d'établir, par exemple, entre Menzel et nos réalistes qu'il apprend à connaître à l Exposition de 1867, ou Lenbacb, influencé à coup sûr par son ami Ricard; sans parler de maint artiste de l'école de Dûsseldorfl impressionné par notre peinture de genre ou de pavsage.
Gazette des lîemis Ans -^<^,9^ "---Jf*'
Adolphe Menzel : Ofliciers de l'armée de Frédéric.
Quand le petit groupe romain se disloqua par la scission de quelques recrues nouvelles qui se trouvèrent un peu à l'étroit dans le couvent de San Isodoro et dans son mysticisme veule et chétif, lors(|ue le calme se fit à peu près en Europe après la chute de l'aigle impériale, deux grands centres d'enseignement se fondèrent en Allemagne — 1 un à Munich et l'autre à Dûsseldorf — et se développèrent avec
prospérité, tandis que Beg^as, élève de Gros, mais touché, lui aussi, par les primitifs d'Italie , se fixait à Beiiin et y fondait une petite école.
A Munich, le roi Louis de Bavière procédait à la création gigantesque de sa ville |)ostichc. Il y appela Cornélius, Schnorr, Hess, Bottmann, Kaulbach, Piloty, fondant un grand mouvement d'art monumental, philosophique, historique, symbolique et encyclopédique, avant tout idéaliste ou plutôt idéiste, qui se manifeste par de vastes conceptions héroïques et mystiques, composées de cycles antiques, chrétiens, synthétisant les grandes périodes du moyen âge, exaltant l'idée germanique et marquant déjà le rêve ambitieux de lANemagne considérée comme centre du monde.
A Diïssehiorfï', Técole est dirigée quel([ue temps par Cornélius avant (\ni\ fut a|)pelé à Munich, entre 1821 et 182G, puis par Schadow, ancien camarade d'Overbeck àBome, qui garde longtemps cette direction; mais il voit, dès i836, se produire contre son enseignement classique une réaction réaliste, à Timitation sans doute du mouvement romantique français et belge. La [)einture descend des hauteurs de l'histoire et des grandes généralités pour aborder avec une certaine animation les scènes d'histoire moderne ou d'observation intime, le genre et le paysage. C'est de DûsseldorlT cpi'est sorti à peu près tout le mouvement actif de l'art allemand moderne. C'est de là que sont issus Knaus et les Achenbach, et Lenbach et Menzel et Leibl et ce Bethel qui donnait peut être à Legros son idée du cf Triomphe de la mort 77 avec sa danse macabre révolutionnaire, et Meyerheim et 0. von Gebhardt, etc., figures d'artistes de talent, quelques-uns même de haut mérite, qui nous amènent au temps présent et jusqu'à l'Exposition de 1900.
On se rappelle l'aspect de la section allemande. Elle se présentait avec une solennité particulière. On sentait qu'on avait voulu faire grand. Une installation pompeuse avec de savantes architectures qui combinaient à la sauce germanique les souvenirs de Florence et de Pompéi : des colonnes en mosaïque, des frises sculptées, des portes en simili-bronze, des frontons, des harmonies graves de plinthes et de corniches sombres, encadrant les fonds vert foncé, grenat ou jaune d'or; de vastes salles et de petites chapelles mystérieuses; une lumière
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très amortie et habilement distribuée. Tout cela donnait à cette section un air imposant et majestueux qui vous saisissait dès l'entrée. On y pénétrait comme dans un musée ou mieux encore comme dans un temple.
Gazette des Beaux-Arts.
F. voîN Lenbach : Portrait de Mommsen.
Le choix des peintures répondait à l'aspect des lieux; je ne sais quelle atmosphère savante et doctorale s'élevait de ces parois or^jueilleuses où étaient accrochées, comme dans le fond d'une ancienne fialerie, toutes sortes de souvenirs lointains. Nulle part, en effet, l'esprit académique, qui a tant sévi parmi les sections étrangères, ne s'est manifesté avec plus d'affirmation, voire de despotisme que dans ce milieu emphaticjue. Nulle part les éléments un peu iiulépendants n'y ont été aussi sacrihés. Aussi l'école allemande, si intelligemment
filS EXPOSITION DE 1900. — BEAUX-AllTS.
ouveiie à robservation et à la vie, par certains côtés, paraissait-elle vraiment loin d'être intégralement représentée.
Nous y trouvions d'abord quelques vieux noms familiers, un peu ()iibli('s aujourd'hui, tels Oswald et André Achenbach, Knaus, Bren- (lel et ses moutons, Meyerheim, Gabriel Max et ses singes. Nous y Irouvions à leur tête deux des plus hautes personnalités de l'art allemand contemporain : Adolphe Menzel et F. von Lenbach. Du [iremier, il est vrai, on ne voyait guère que deux petites gouaches, datant de sa vieillesse, mais dans l'une en particulier, sa Pâtisserie de Kissingen, il montrait qu'il a gardé jusqu'au bout, avec sa force expressive, Tin- (lé[)endance de sa vision et qu'il est resté, malgré les consécrations officielles qui rayonnent autour de son nom, une des personnalités les pbis libres, les moins académiques de l'art allemand. Car ce qui caractérise spécialement Menzel, c'est que, à la façon de notre Meissonier, il est un génie réaliste. Il contraste avec son milieu allemand qui travaillait, suivant la remarque qu'en faisait déjà le bon Constantin en 1 83Û , toujours d'imagination et de mémoire, crlls prétendent, ajoute-t-il, que la nature refroidit. ^^ Menzel est un réaliste, dans le bon sens du mot, par l'observation attentive, rétléchie, perspicace, de la physionomie, de l'attitude et du geste et aussi par l'observation, développée chez lui à la suite de son voyage en France, au contact avec nos milieux nouveaux, du décor extérieur, des jeux de la lumière et de l'enveloppe. Les dessins pour l'histoire du grand Frédéric ou pour illustrer les œuvres de ce monarque, ses tableaux du Conceri deJliUe chez Frédéric, ou de la Forge, dans sa deuxième manière, sont trop connus pour qu'il soit besoin d'insister. C'est à coup sûr la gloire artistique la plus franche et la plus solide de l'Allemagne contemporaine.
La seconde des grandes célébrités consacrées est M. F. von Lenbach. La place qu'on lui avait donnée à l'Exposition universelle était telle, que l'exposition semblait faite pour lui seul; on lui avait constitué une petite chapelle où étaient réunis ses principaux portraits. Rien ne donnait plus l'aspect d un musée ancien que ce petit coin. Car cet art, très représentatif des qualités et des travers de l'esprit allemand, est un art d'un dilettantisme savant, cultivé, — qui n'a,
il est vrai, ni ran\iélé ni la passion de notre Ricard, près de qui nous l'avons déjà rapproche', — un art sûr et réfléchi, mais formé d'un amalgame de connaissances, de ressouvenirs, voire de citations.
Gazelle des Beaux-Arts.
Hans Thoma : Le repos des pêcheurs.
Gomme portraitiste, M. von Lenbach a un don très puissant de physionomie qu'il a marqué sur nombre de figures de souverains ou d'hommes illustres : Wagner, de Moltke, Bismark, ce dernier répété un nombre incalculable de fois. Gomme praticien, il est d'une virtuosité surprenante, rare en particulier dans son pays. Sa brosse est d'une souplesse extrême. Il trace les formes d'une écriture hardie et les recouvre ensuite de grands lavis glacés en pleine huile, qu'il rehausse vivement de pâtes grasses, posées avec audace et sûreté. Il connaît tous les truculences de Rembrandt, toutes les morbidesses de Van Dyck, il sait faire jouer, sur ses fonds de frottis roussâtres des tons purs, francs et osés comme Reynolds ou Gainsborough; il n'est pas jusqu'à Véronèse ou à Velasquez qui ne soient de ses amis. G'est un fort esprit et un très docte peintre, mais un talent par trop rétrospectif.
A côté du genre réaliste de Menzel ou du dilettantisme académique de Lenbach, il faut distinguer deux autres grandes formules
bKAUX-AllTS.
IMI'ItlHtiniE VA
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artistiques dans l'art allemand moderne. L'une est la formule néoromantique de Arnold Boecklin. Ce peintre, mal connu en France, pour ne pas dire à peu près inconnu et qui ne figurait point à notre Exposition universelle de 1900, est d'ailleurs, en réalité, Suisse de Baie. Mais comme Holbein, il est devenu l'un des peintres allemands par excellence et celui sur lequel se sont appuyées principalement les jeunes générations pour fonder une école moderne nationale. Le musée de Munich et la galerie Scliack, si précieuse pour riiistoire de la période contemporaine en Allemagne, le font connaître à ceux qui n'ont pu profiter des nombreuses expositions dans lesquelles ont été exhibés ses principaux ouvrages depuis une dizaine d'années. Il est difficile de le qualifier justement en quelques lignes; on peut dire de lui que c'est un maître puissant, éloquent mais fort inégal. Très imbu d'italianisme, comme les hommes principaux de sa génération en Allemagne, en- France ou en Angleterre, — il s'était même établi àFiesole — il continue avec les particularités poétiques de son esprit germanique , les souvenirs des anciens Florentins ou Vénitiens. Peut-être même, est-ce dans cette curieuse et rare Conversation sacrée, de Bellini, aux Offices où, dans un coin, un centaure est en train de causer avec un ermite, qu'on peut trouver l'origine de ses scènes si connues de centaures et centauresses, dont Fromentin nous donna chez nous des versions plus élégantes mais moins réelles. Il a tantôt une force expressive des plus nobles et des plus fiantes, et tantôt une trivialité qui descend à la vulgarité du genre tout à fait inférieur. Il a parfois le sens du fantastique comme notre G. Doré et (ki mythe comme notre Gustave Moreau, ou, plus justement, il a un don spécial de vision réaliste qui lui permet de tracer avec une fantaisie et quelquefois une sorte d'humour gros et farouche des images vraisemblables du monde mythologique primitif et sauvage des forêts, des eaux et de la mer. Satyres et faunesses, centaures, tritons, naïades et néréides, il a compris tous ces êtres comme l'expression exacte des éléments (|u'ils représentent, des forces de la nature qu'ils synthétisaient pour les imaginations enfantines des premiers peuples. Il a aussi un rare sentiment du paysage et une science d'accords un peu brutaux, assez violents, mais singuliers et puissants. Boecklin a formé
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à sa suite une école où ces demi-dieux des campagnes se livrent Uoutes sortes de divertissements plus ou moins facétieux, faunes ivres chantant à tue-tête dans un bois, satyres courant après un lai)in, etc. Le faune et le satyre jouent en Allemagne le rôle du prêtre et du capucm chez
Gazette des Beaux-Ar
Fritz VON Uhde : Élude pour le lableau «Laissez venir à moi les peUts^nfants«.
nous. Mais il a crée' aussi une sorte de néo-romantisme d'un symbolisme étrange, aux partis-pris de clair-obscur violent, d'harmonies farouches et audacieuses, art lourd, tondu, exaspéré, mais non sans quelque saveur, dont M. Franlz Siuck, peintre et sculpteur, est le représentant le plus autorisé.
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Par contre, en face, s'accuse la physionomie très dilïerenle de M. Liebermann. C'est la formule développée aux souffles venus (le France et de Hollande, formule indépendante, naturaliste, fondée sur l'observation attentive et soutenue de tous les phénomènes (h; la nature et des lois de la vie. C'est celle, comme on pense , qui est le plus sacrifiée par les autorités artistiques. Nous n'avons pas à insister sur la personnalité de son représentant qui a fait son éducation près de nos maîtres de Bar])izon, autour de Courbet, et en Hollande, à côté d'Israëls. Son influence, si elle eût été favorisée, eût pu être féconde dans un pays de traditionnalistes et d'idéologues qui ont besoin d'être ramenés souvent en face du terre à terre de la vie. Mais M. Liebermann est la bête noire à Berlin, quelque chose comme chez nous un impressionniste.
Cependant, il a fait école, appuyé sur les collections françaises recueillies avec un esprit critique si méritoire, et aussi avec tant de courage par les savants conservateurs des galeries nationales modernes. A sa suite , on peut rappeler le souvenir d'œuvres intelligentes exposées en 1900, par MM. H. von Bartels, Weishaupt, Frenzel, Zûgel, etc.
Il est encore un certain nombre de personnalités intéressantes dont quelques-unes tiennent par certains côtés à nos milieux et nous sont assez familières. C'est, par exemple, M. F. von Uhde, que nous avons déjà signalé à propos de la rénovation de la peinture religieuse en France. Il est le continuateur de M. von Gebhardt dont nous parlerons tout à l'heure, mais il se rattache plus spécialement encore au développement de la peinture de sentiment religieux en France, depuis Millet jusqu'à Cazin, sans oublier de noter l'influence de la Hollande, depuis Beuibrandt jusqu'à Israëls. Il a un sentiment ému et pénétrant de tendresse et de simplicité, dont \e Jésus chez les pay mm du Luxembourg, réplique du musée de Berlin, est un exenq)laire délicat et typique. M. vou Gebhardt n'a rien dit peut-être de particulier au j)ublic français avec ses tableaux d'im réalisme un peu conventionnel, tournés vers les Allemands du passé. Mais, c'est justement ce retour aux traditions nationales qui fit un jour l'originalité de cet artiste, et quelques-uns des jeunes peintres en vogue de l'autre
('ot(' (lu Rhin dérivent de lui : tel M. von Udhe, tel M. Klin[»er, plus connu aujourd'hui sous sa nouvelle incarnation de statuaire, tel M.A. von Keller.
M. G. Kuehl appartient à la même génération que MM. Liebermann ou von Uhde. C'est encore un des peintres que nous connaissons le mieux par nos salons et notre musée. Il a travaillé au début sous l'influence de Fortuny et cela se retrouve dans ses architectures, dans son amoui* du chantournement ; il aime les jeux de lumière variés et imprévus. MM. Dettmann, M. Mœnchen, M. Arthur Kampf, M. Heichert ou M. Stremel se recommandent par des qualités du même ordre, un sentiment d'observation simple et d'exécution probe et, pour plusieurs, de réelles qua-, lités d'émotion. 11 faut leur joindre M. Herrmans et ses intérieurs, M. Janssen, M. Erdtelt, M. Herrmann et ses villes de Hollande, M. Jank, M. Schramm-Zittau et ses canards et les natures mortes de M. Zimmermann. On remarquait aussi particulièrement, en 1900, l'œuvre d'un artiste de réelle valeur, décédé peu auparavant, M. Koner, dont le portrait de FEmpercur était peint avec une exécution robuste, sachant accorder avec effet et sans bruit des tonalités franches.
Si M. von Hoffmann était absent à la Section allemande de 1900 et M. H. Thoma insu fli sa m ment représenté, VLlrich de HiUten de M. Herterich, vigoureusement peint à travers un souvenir de Rubens et je ne sais quelle lointaine et peut-être inconsciente réminiscence de Watts, nous faisail connaître un peintre de réel mérite, doué d'un vrai sens historique.
Uevue de lArt uncttui ut iiwdtnit.
HEniERicH : Llricli de Hùlten.
/i8G EXPOSITION DE 1900. — BEAUX-ARTS.