‹ Histoire des beaux-arts, 1800-1900Chapitre 6 sur 50 · C.iscli.H, (Mit · texte numérisé non relu

C.iscli.H, (Mit

K. \1anki ; Li'^ * iiiiolii'is.

Claude Monet, (jui venait de se marier, s'y reiulait de son coté. 11 devait y retrouver Pissarro. Il y rencontrait Bonvin et Daubigny, car Londres devenait comme l'asile des artistes plus ou moins compromis dans les événements de la Commune tels que Dalou ou James ïissol, ou quattirait l'espoir de découvrir un public moins fermé par les |)artis pris. Legros y élait depuis longtemps installé: Cazin, chassé de Tours par l'invasion, allait Ty rejoindre; Fantin v avait des attaches sérieuses par son ami Edwin Edwards. C'est là que CL AJonel et Pissarro prirent conlact avec Constable et Turner.

BEAUX-ABTS.

258 EXPOSITION DE lUUO. — BEAUX-ARTS.

Mais, peu après, avec la reprise immédiate de la vie uationale et le relèvement soudain de l'art, le groupe, reconstitué à Paris, s'organise en vue, cette lois, d'une action commune réalisée* par des expositions publiques. La première eut lieu en 187^, du i5 avril au i5 mai chez Nadar, 35, boulevard des Capucines. Elle comprenait un assemblage d'œuvres signées de noms qui marquaient, avec la diversité des tendances, la parenté entre les divers milieux originels d'où étaient issus les exposants. Il y avait là, près des fondateurs de l'association. Boudin, Bracqyemond, Brandon, le peintre des synago-o-ues. Bureau, le beau-frère de Boulard, Cals, Gustave Colin, Guillaumin, La Touche, Lépine, de Nittis,etc. La deuxième exposition qui eut lieu dans les galeries Durand-Ruel, en 1 876 , y vit s'adjoindre Legros etDesboutin, et l'on y comprit Millet qui venait de mourir. En 1879, nous voyons ap[)araître, plus jeunes, miss Cassait, Forain, Lebouny, etc. Huit expositions eurent lieu ainsi entre 187/1 et 188G, tantôt chez Nadar, tantôt chez Durand-Ruel, s'augmentant de participants jusqu'en 1880, diminuant de plus en plus à partir de l'année suivante, au point qu'on renonça à ces expositions collectives et que, depuis, les initiateurs qui restaient fidèles à leur programme présentèrent, chacun, leurs travaux au moyen d'exhibitions particulières.

Dès le premier jour le scandale fut grand ; une vente, organisée à l'Hôtel Drouot en 1876, l'avait accru davantage. La lutte, pendant quinze ans, fut terrible contre les préjugés du public et contre les partis pris, souvent intéressés, de ceux qui dirigeaient son opinion. Ces animosités étaient d'ailleurs fort incohérentes, car elles épargnaient certains adhérents plus ou moins compromettants et s'acharnaient, par contre, sur d'autres sans motif bien délini. Depuis longtemps, Boudin ou Raffaelli figuraient sans discussion au Luxembourg, alors que l'entrée d'un Renoir y fut une occasion nouvelle de scandale. Si quelques-uns, d'ailleurs, gardaient un particularisme à outrance, quelques autres et non des moins combatifs tels que Manet, Renoir ou Sisley, ])ersistèrent à exposer aux Salons et Manet s'obstina à y conquérir tous ses grades avec le même entêtement que son ami Zola avait montré pour entrer à l'Académie; Manet même fut plus heureux, puisqu'il finit par gagner ses médailles et la croix.

LA PEJiMLUE.

L'Exposition de 1889 ni^^^qi^t' Fère des réhalâlitations. En face de ces prétendus insurgés an\(|U('ls le plus grand reproche qu on sut faire c'est qn"ils n'avaient pas de famille, c'est que leurs soi-disant oiilrances ou folies n'avaient aucun analogue dans le passe, elle

Ttevue de l'Arl ancien ri moderne.

l*issARo : Kltidc (Je paysanne.

iiionlra les ancêtres; elle montra surtout Corot, le chef de la famille, (pii triom[)hait dans un ensemble radieux de quarante cliefs-d\euvre. On sait le reste. L'entrée de la collection (jaillebotte au musée du Luxendjourg, accueillie les premiers temps non sans tumulte, pour être bientôt acceplée par les sympatliies on tout au plus riiidllférence

2G0 EXPOSITION DE l <)()(). — IJEAUX-AUTS.

du grand public ; et le classeoient final de 1900, consacrant déiinitivement sans conteste une période active de l'histoire de notre temps que les princi[)aux musées du monde avaient déjà reconnue. Aujourd'hui, suivant un mot célèbre, Tincident est clos; la revision est prononcée et le jugement public a cassé celui des églises et des jdiarisiens. C'est désormais sans passion que l'on doit écrire et que l'on peut suivre ce chapitre de notre histoire artistique contemporaine.

A travers le va-et-vient des recrues nouvelles et des défections qui modifièrent la composition de ce groupe dans ces douze années d'expositions consécutives, les artistes qui en formèrent le noyau, les initiateurs de la première heure, ceux qui se succédèrent plus tard individuellement dans les galeries Durand-Ruel, sont également ceux (pie Gustave Gaillebotte, l'un des jeunes adhérents, avait réunis dans la collection qu'il léguait à l'Etat, par un testament rédigé en 1876, c'est-à-dire au plus fort de la lutte. Ce sont Manet, Claude Monet et Kenoir, que groupait déjà Fantin; Degas, Cézanne, Pissarro et Sisley.

Aujourd'hui que les noms et les œuvres (jui y correspondent sont devenus familiers, il sufht de les prononcer pour voir se dégager la personnalité de chacun de ces artistes et saisir la diversité de leur tempérament et de leur idéal.

Edouard Manet occupe très justement la place (jue lui a donnée Fantin-Latour en groupant autour de lui les principaux fondateurs de l'impressionnisme. Ce n'est pas que je veuille dire que Manet en fut le créateur, mais il en fut, au début, le clief moral par la notoriété qui s'attachait à son nom et à son œuvre, aussi violemment discutée. — surtout après 1867, depuis cette exposition installée avenue de TAlma, en dehors de l'Exposition universelle à l'imitation de celle organisée par Courbet en i855, avenue d'An lin, — que l'avait élé 1 œuvre de Courbet lui-même.

rr II imita Courbet et ce fut la seule fois qu'il l'imita 5: a écrit Paul Mantz à ce propos. C'est là une atïirmation assez gratuite, car Manet (jue nous avons vu déjà uni à Wliistler, à Bi'acquemond et à Legros devant lu portrait de Delacroix, Manet a[)[)artenait bien au groupe formé dès iHGç) autour du grand rénlisle. Il est justement l'intermé-

LA PETNTUnR.

(liaire entre le réalisme el rimpressioiinisme. G'esl Tari robuste et loyal, le métier âpre et puissant de Courbet qui a[>it sur lui au sortir (le l'atelier de Tliomas (iouture, ce faux génie (|ui eut une influence terrible sur les générations à lui confiées, influence à laquelle n'échappa point Manet lui-même, comme on peut s'en convaincre dans son Buveur dabsuillir. Le principal impressionniste, GlaudeMonet, nous le verrous, reçut également une de ses premières impulsions du maître dOrnans. Mais, à la vérité, si Manet devait à Courbet le

(llnudc iVloNET : L'église de Vi

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