‹ Histoire des Belges à la fin du xviiie siècleChapitre 6 sur 9 · B] GHA!P1THE PREMIER · texte numérisé non relu

B] GHA!P1THE PREMIER

qu'ane grande partie de leurs condisciples quittèrent avec eux. Alors ceux qui restaient furent mis à Tépreuve et sommés d'adhérer au Plan de l'institut des séminaires générais, espèce de programme dans lequel se trouvait une sortie fort maladroite contre Va j/dre ultramontaine. La plupart refusèrent, et, deux mois après son ouverture, rétablissement ne contenait plus qu'une vingtaine de séminaristes ^

Le cardinal de Frankenberg, archevêque de Malines, désigné comme Tinstigateur de ces désordres, fut appelé à Vienne. Il demanda le remplacement de deux professeurs, et la surveillance de renseignement pour les évoques. La prétention n'avait rien d'exorbitant, et, plus tard, le gouvernement Taccueillit comme base d'une transaction. Mais quand elle lui fut soumise pour la première fois, se croyant plus fort qu'il ne l'était en réalité, il la repoussa assez grossièrement. Au mémoire présenté par le prélat, Joseph II apposa une apostille où il disait que l'archevêque devait changer, plier ou casser. « Il est fermement décidé, ajou- <E tait-il, qu'il ne partira pas d'ici qu'il n'ait pris l'un ou l'autre de tf ces deux partis, étant fort égal à la religion et à l'État qu'un « Frankenberg soit archevêque de Malines; mais il importe beau- <x coup que le chef de l'Église belgique soit imbu de bons prince cipes, aussi docile que zélé à les suivre et à les faire adopter <c par tout son clergé. »

Ces réformes religieuses avaient soulevé le mécontentement ailleurs que dans le corps des ecclésiastiques, mais il s'était exhalé en timides réclamations. Le caractère essentiellement catholique du mouvemeut a fait exagérer la part qu'y prit l'élément clérical, part qui fut considérable sans être exclusive. Il n'eût pas été impossible au gouvernement de s'entendre avec beaucoup d'hommes religieux, sur les points auxquels touchaient plusieurs de ces réformes, et l'opposition ne se montra réelle-

> On trouve à ce sujet des détails étendus dans une Mation fidèle des troubles arrivés au séminaire général de Lowcain en 1786 et 1787, dans le VU* Recueil de Fbller.

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ment menaçante que lorsque Joseph II, après avoir bouleversé les institutions religieuses, menaça aussi Tordre civil. Il le fit par ses deux diplômes du 1*' janvier 1787.

Pour bien saisir la portée de ces nouvelles dispositions, il faut connaître Torganisation administrative et judiciaire du pays. Nous allons l'expliquer, en nous bornant toutefois aux notions indispensables.

L'Empereur avait pour représentant en Belgique le gouverneur général, régulièrement pris dans la famille même du souverain. Le prince Charles de Lorraine fut, à sa mort, remplacé en cette qualité par une sœur de Joseph II , Tarchiduchesse Marie- Christine, à qui on adjoignit son époux, le duc Albert de Saxe- Teschen. Les pouvoirs du gouverneur général étaient, selon le degré de méfiance du monarque, plus ou moins restreints par des instructions particulières ; jamais ils ne lui attribuaient le droit de décider dans les cas importants; il fallait alors recourir à l'Empereur, et les retards qui en provenaient, empêchèrent plus d'une fois le gouvernement de Bruxelles, à l'époque des troubles, de profiter des circonstances.

Après le gouverneur général venait le ministre plénipotentiaire. Les attributions de ce fonctionnaire n'étaient ni fixes ni bien déterminées. En principe, il ne devait être que le suppléant du gouverneur général; mais il devint le représentant réel de l'Empereur, quand Joseph II crut avoir à se plaindre de la faiblesse de son beau-frère. Le ministre plénipotentiaire correspondait avec le monarque, par le canal du chancelier de cour et d'état, fonctions que remplissait alors le prince de Kaunitz.

Le commandant général des troupes était subordonné aux chefs de l'ordre civil. Joseph II plus tard le rendit indépendant, et ce ne fut pas une de ses moindres fautes.

Après diverses vicissitudes, les conseils du gouvernement avaient été, un demi-siècle auparavant, ramenés à leur forme première, celle que Charles-Quint même leur avait donnée : conseil d'état, conseil des finances , conseil privé. Les membres du conseil privé étaient les véritables conseillers du gouverneur général.

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