‹ Histoire des Belges à la fiun du XVIIIe siécleChapitre 19 sur 23 · HISTOIRE DES BELGES. [17M · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES BELGES. [17M

ment pour la France la perte de Landrecies, qui capitula le 30 avril ; ils rendaient désormais inexécutable le plan de Hack, dont les Prussiens d'ailleurs compromettaient la réussite, puisqu'ils refusaient d*envoyer des renforts vers la Meuse, en prétextant la nécessité de défendre les abords de Mayence.

La Flandre était sérieusement menacée, et Cobourg fut obligé d'affaiblir son centre pour renforcer Clerfayt, qui fut néanmoins défait une seconde fois près de Courtrai (11 mai). Sept jours après, échoua une tentative pour couper Taile gauche de Tarmée du Nord, et le duc dTork fut complètement battu à Turcoing (18 mai). On combattit encore à Pont-à-Chain (23 mai); rengagement fut meurtrier et le succès balancé. C'est, dit-on, à la suite de cette dernière affaire que, dans un conseil tenu en présence de l'Empereur, on arrêta l'évacuation de la Belgique, sauf à prendre les précautions nécessaires pour ne pas donner l'éveil à la cour de Londres ^

La droite des Français rencontrait une résistance opiniâtre. Après sa jonction avec l'armée du Nord, Charbonnier passa une première fois la Sambre, à Merbes (10 mai), et poussa, jusque dans les environs de Binche, une reconnaissance qui jeta la terreur dans Bruxelles, où Ton prit des mesures pour éviter une surprise. Elles furent inutiles. Les Français durent repasser la rivière (15 mai), la traversèrent encore à deux reprises différentes (30 et i^5 mai), et furent chaque fois rejetés sur la rive droite. Les choses allaient changer de face. Obéissant à un ordre du comité de Salut public dicté par Caroot, Jourdan arrivait à la tète de 45,000 hommes de l'armée de la Moselle.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement autrichien en Belgique réclamait instamment des , renforts pour son armée. Forcé de réduire successivement ses prétentions, il se bornait maintenant i demander aux États des provinces de favoriser une levée de 10,000 hommes, destinés à être incorporés dans les régiments existants. « Il ne vous échappera point, leur disait-il, que ces

1 Mémoires tirés dispapiers d'tm homme d'État, II, il8.

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« régiments déjà organisés, disciplinés et aguerris, présentent « une école toute formée pour les recrues qui y seront réparties. > On accueillit la demande, et des circulaires furent envoyées aux autorités subalternes, pour leur recommander d*aider au recrutement. « Il suffirait sans doute, portait la circulaire des États de « Brabant, pour déterminer les Belges à prendre les armes contre

< un ennemi sacrilège et dévastateur, de leur faire connaître ses « projets féroces. » Cependant « pour animer d'autant plus les « intrépides défenseurs de la patrie, et leur offrir en même temps « une marque de reconnaissance, » on jugeait convenable de leur promettre une prime de cent florins, payable à la fin de la guerre et réversible aux veuves ; la durée de rengagement était fixée à trois ans. Des dispositions analogues furent prises dans. toutes les provinces, mais sans empressement sans concours sincère. Les Etats tendaient à la formation d'une armée nationale, et le gouvernement, voyant là un acheminement à l'indépendance et à une nouvelle émancipation du pays, persista dans son système. Ses tentatives vinrent donc se briser, non pas contre une résistance ouverte, mais contre une indifférence semblable à celle qui avait accueilli la souscription pour les dons volontaires. Cette fois encore, les Jacobins se rencontrèrent, pour susciter des obstacles, avec les exagérés du parti contraire, et les encouragements prc^ mis aux recrues furent inutiles.

Quoique rAutricbe n'eût rien fait, sans doute, pour provoquer en Belgique un de ces magnanimes dévouements qui sauvent les empires, elle ne pouvait s'attendre à une telle aberration de la part de l'opinion conservatrice. Après les brillantes promesses de l'année précédente, alors qu on mettait à ses pieds toutes les ressources du pays, l'inutilité de ses efforts pour intéresser cette opinion à la défense du territoire fut pour elle un cruel désappointement. Une dépêche impériale, adressée aux États des provinces et datée de Tournai (26 mai), d'où François II présidait aux opérations de cette mémorable campagne, en contenait l'expression peu déguisée : < Nos armées ont souffert, disait le monarque ; elles

< ont besoin d'un nombre considérable de recrues, et quoique

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c Dous ayons vu, avec autant de satisfaction que de gratitude, les ^ sacrifices que vous avez voulu faire pour exciter nos sujets à « prendre des engagements volontaires, nous ne saurions vous c cacher que cette ressource n*ayant jusqu'à présent rien produit, « notre armée pourrait peut-être ne plus se trouver à même de « déployer, contre un ennemi qui fait tant d*efforts pour envahir « ces provinces, la résistance et les mesures offensives qui les ont « préservées jusquici. b La dépêche proposait en termes couverts un enrôlement forcé, calculé à raison d'un pour cent de la population totale, ou de cinq pour cent des hommes propres à la guerre. « Vous ne sauriez vous le dissimuler, ajoutait-elle, votre existence « future dépend peut-être de l'exécution la plus prompte d*une c pareille augmentation de forces. Vous voyez vos ennemis se a multiplier sur tous les points de vos frontières, tandis que nos « armées diminuent par nos victoires et les combats glorieux mais « fréquents qu'elles sont obligées de livrer; d'ailleurs les efforts « que vous ferez à cet égard ne seront point une surcharge bien 9 pesante pour un pays si peuplé, et pour une nation anciennec ment reconnue belliqueuse et brave. »

Au lieu de stimuler le zèle, cette dépêche excita la méfiance ; la susceptibilité populaire y vit même une injure : la dernière phrase, assurait-on, n'était pas telle qu'une première rédaction l'avait arrêtée, et le mot anciennement y avait été introduit à dessein ^ Le comte de Trauttmansdorff menaça d'abandonner la Belgique, si dans les huit jours la proposition n'était pas accueillie. Les États néanmoins refusèrent de prêter les mains à un projet, qui n'était au fond qu'une conscription militaire, réprouvée par les mœurs et les institutions du pays. Alors le gouvernement ayant encore cédé, et consenti à ne pas incorporer les recrues dans les régiments existants, les États se montrèrent mieux disposés. On ouvrit des conférences, et un projet fut adopté auquel François II donna son assentiment. II consistait à former, avec les recrues

1 On prétendit que la première rédaction portait le mot constamment, ce qui donnait à la phrase une signifleation difTérente.

dont les États promettaient de favoriser rengagemeut au moyen de nouveaux avantages, un corps particulier sous le nom de Légion de Varehiduc Charles. Ce corps devait être attaché à Tarroée comme infanterie légère, et commandé par des officiers tirés des anciens régiments ; on s'engageait touterois à employer aussi en cette qua- V lité quelques personnes qui avaient servi dans Tarmée patrio- « tique, et qui seraient indiquées par les États comme jouissant « de la confiance du public. > Malgré la profonde désaffection des Belges pour rAutricbe, cette combinaison eût peut-être produit de meilleurs résultats que la précédente; mais on était parvenu au 1 1 juin, et Ton eut à peine le temps de former quelques compagnies, dont une partie tomba, avant la fin de la campagne, au pouvoir des Français.

En admettant même que les griefs du parti conservateur fussent fondés, il montra, on doit en convenir, un incroyable esprit d'aveuglement. Ces richesses, ces propriétés dont il refusait si puérilement une faible part, ces formes constitutionnelles qu'il défendait avec tant d'ardeur, n'allaient-elles pas disparaître dans le tourbillon de la conquête? Mieux éclairé sur ses intérêts, il se fût bien gardé de fournir ainsi des armes aux hommes qui, dans le ministère autrichien, poussaient à l'abandon de la Belgique, et exagéraient le mauvais accueil que recevaient les demandes de l'Empereur. Une province aussi peu affectionnée, disait-on, ne méritait pas les sacrifices énormes qu'elle exigeait depuis plusieurs années; mieux valait la livrer à son sort, sauf à y revenir plus tard si les circonstances se montraient favorables, ou bien en y renonçant dans un traité avec la France, se faire de cette renonciation un titre à quelque compensation, soit en Italie, soit en Allemagne; la Pologne elle-même n'offrait-elle pas cette compensation, et l'Autriche devait-elle la laisser de nouveau démembrer sans réclamer sa part ^? Découragé et ne prévoyant pas d'issue favorable pour lui à une lutte où la Convention n'avait qu'à frapper le sol pour en faire sortir de nouveaux bataillons, François II prêta l'oreille à ces avis,

* Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État, II, 418.

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et Tabandon était décidé, quaml il quitu TariDée pQur retonriier à

Vienne (9 juin).

Les hommes d'État de l'Autriche semblent avoir alors entrevu la possibilité d'un rapprochement. On va même jusqu'à présenter l'évacuation de la Belgique comme le résultat des commun icalions pacifiques de Robespierre, et d'un accord secret avec le comité de salut public qu'il dirigeait ^ Depuis quelques mois, l'opinion publique en France, sur la question des relations extérieures, s'était singulièrement modifiée. On commençait à reconnaître que la révolution devait ses plus formidables ennemis à l'esprit de propagande, à ce décret du 19 novembre 1793 qui appelait tous les peuples à l'insurrection. Après avoir fait décréter la guerre d'agression, les Girondins s'étaient arrêtés, effrayés de leur œuvre. S'ils avaient été les maîtres, si le renvoi de l'ambassadeur Chauvelin, envisagé comme une insuIte<nationale, n'avait pas fait vibrer une corde qui ne manquera jamais son effet sur une assemblée française, la Belgique eût été déclarée indépendante et placée sous le protectorat commun de la France et de l'Angleterre *. Plus lard, la situation se compliqua encore par les revers qui amenèrent la défection de Dumouriez. Le moment semblait venu de rentrer dans le prudent système de l'assemblée constituante \

« Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État, III, 3«.

• Dans un discours prononcé aux Jacobins, en mars 1793, Anach. Clools affirma quMI avait un jour entendu Guadet dissuader Lebrun de déclarer la guerre au slathouder, et chercher à l'effrayer sur les conséquences ; « Je lâchai « de rassurer le ministre, et Guadet finit par proférer un blasphème qui « montre son âme noire. Eh ! que nous importe, dit-il, que les Hollandais, des « marchands de fromage, soient libres ou esclaves ! La religion des droits de « l'homme n'entrera jamais dans. un cœur gangrené. Les Brissotins, ajouta * Cloots, voulaient contracter une alliance avec les tyrans prussiens, hollan- « dais et anglais ; ils voulaient établir une république belgique, sous la protec- « tion des quatre puissances, et, cette opération faite, on aurait forcé la san^ « culotterie française â recevoir une constitution de fabrique étrangère. ■ Journal des débats et de la correspondance des Jacobins de Paris , n* du â3 ma» 1793. On doit se rappeler aussi ies projets d'un des écrivains de la Gironde, Carra, en faveur du duc d'York.

» Les Révolutions de Paris (vol. XVI, p. 306) publièrent à cette époque un curieux article. On y lit que le peuple liégeois, dont la demande venait d'être

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et ee fut uae noasure bien significative que le décret adopté le 13 avril 1795. sur la proposition de Danton : la Convention déclarait ne vouloir s'immiscer en aucune manière dans le gouver» nement des autres puissances. Cétait un désaveu implicite de la marche politique suivie jusqu'alors, et telle fut aussi l'idée que s'en formèrent les réfugiés belges. Les journaux du temps signalent leur consternation 9 el l'un des administrateurs de Mons, Delneufcourt, envoya à cette occasion au club des Jacobins ', une longue adresse où il énumérait les avantages que la France trouverait à la réunion de la Belgique.

Malgré les succès obtenus à la fin de la campagne de 1793, le parti qui eût renoncé à la Belgique pour donner la paix à Ja France, existait encore en 1794; on le verra même faire un dernier effort l'année suivante, dans la discussion du décret du 9 vendémiaire an IV. Que Robespierre ait caressé ces idées, qu'il ait travaillé à une pacification ', la chose est possible ; mais, bien certainement, on a été trop loin en le montrant comme ayant toujours été hostile à la propagande ' ; les partis, pendant la révolution française, ne se montrèrent pas, sur cette question, conséquents avec eux-mêmes, et ne se décidèrent souvent que d'après l'attitude de leurs adversaires.

Voyons quelle était , à cette époque, la situation des Belges réfugiés en France. Nous avons laissé la masse des Liégeois

accueillie par la Convention, « est le seul qui ait voté à runanimité sa réunion, « le seul qui soit digne de la liberté. • C'est un devoir pour la France de délivrer ce pays ; « mais n'allons que Ki, ajoute le Journaliste, les pays environ- « nanls ne sont pas dignes qu'on y plante Tarbre de la liberté. Les Liégeois « seuls seront nos amis, et si nos succès nous entraînaient un Jour loin des t frontières, ils nous entraîneraient à notre perte. Balayons notre voisinage, « enlevons à nos ennemis leurs richesses et leurs ressources, mais tenons- « nous fortement attachés au décret qui nous interdit toute idée de conquête. »

> Journal des débais et de la correspondance des Jacobins de Paris, n» du tS juin 1793.

* Mémoires tirés des papiers d'un homme d^État, III, 18.

« C'est ce que font les auteurs de V Histoire parlementaire de la Réwkaion française, ouvrage d'un haut intérêt, quoique d'une excessive partialité en faveur de Robespierre.

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cédant aux iastigations de quelques exaltés ^ repoussant comme modérés les plus honorables de leurs frères, et formant, avec les Franchimontois, une société populaire qui demanda et obtint TaiBliation aux Jacobins. C'était un mouvement tout montagnard, représentant dans de moindres proportions la scène terrible qaî avait, peu de temps auparavant, arraché du sein de la Convention cette brillante Gironde, qu*il semble de mode aujourd'hui de rabaisser au profit de ses impitoyables adversaires. Pendant plusieurs mois, la prépondérance resta aux exagérés appuyés par les Héberristes de la commune de Paris *, et ils en profitèrent pour répandre, par de nombreuses dénonciations, la terreur parmi leurs compatriotes. Mais quand la rupture éclata entre cette faction et le comité de salut public, l'assemblée liégeoise, revenant à de meilleurs sentiments, improuva en termes flétrissants le système auquel elle avait dû s'associer ', et rapporta tous ses précédents arrêtés d'exclusion. Ceci se passait à la séance du 23 février. Le 28, Bassenge se présenta à la société, obtint la parole, et lut un discours où il attribuait le schisme élevé entre les Liégeois, c à « des projets intéressés, et aux petites passions de la nullité « ambitieuse; » il déclarait, en son nom et au nom de ses amis, abjurer dans l'intérêt de l'union tout ressentiment. Le président

* Bassenge cile comme les principaux : Behr, Briart, Nahon, Wilmotte et Demani, sale et méchant fou de prêtre, dit-il. J. N. Bassenge de Liège à P. Chaussari, p. YIII, 151. 161 et 178.

' « Les Chaumette, les Hébert, les Ronsin et leurs affidés nous calomnièrent, « nous opprimèrent, » lit-on dans l'adresse présentée leiS juillet à la ConveiH tion par les Liégeois. Moniteur, n* 319 du 6 août 179i. Lors du procès des Hébertistes, le président du tribunal révolutionnaire fit à Tun d'eux, Desfieoi, cette question : « Avez-vous entretenu des intelligences tendant à vous faire « un parti chez les Liégeois? » Enfin, c'est toujours de cet appui des Hébertistes qu'il est question dans celte note où Bassenge attribue les divisions entre les patriotes réfugiés « à la cabale scélérate qui voulait rendre la liberté i odieuse, et perdre ses plus anciens, ses plus ardents sectateurs. • J. N. Bassenge de Liège à P. Chaussard, p. 162.

" « Il n'est aucune de ces dénonciations, porte le procès -verbal du 25 février « (5 ventôse), qui soit soutenue de la probabilité et de l'évidence si nécessaires « dans ces momenis, eu surtout égard aux dénoncées et aux dénoneiateurs. »

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lai répondit que rassemblée, trompée dans sa bonne foi S avait chassé les auteurs de si fâcheux dissentiments, et qu'elle rendait justice à ses frères calomniés. L'accolade donnée à Bassenge scella la réconciliation ; elle fut le signal du départ des Franchimontois, qui formèrent de nouveau une société particulière *.

Quelques jours après (5 mars, 15 vent.), des députés présentèrent à la Convention, au nom des réfugiés liégeois, une adresse pour lui exprimer c les regrets douloureux que leur inspirait c Fanniversaire de l'époque où ils avaient été obligés de quitter « leur patrie, devenue libre pour le moment. » Ils offraient < un « drapeau de la liberté, sous lequel ils s'étaient ralliés et avaient « marché contre les ennemis de la république. > La lecture de l'adresse fut accueillie, dit le Moniteur ', par les plus vifs applaudissements, et Gossuin fit décréter que le drapeau « serait sus- « pendu aux voûtes de la salle de la Convention, jusqu'au jour où « les Liégeois viendraient le redemander, pour marcher de nou- « veau contre les ennemis de la liberté. »

Repoussés par la majorité de leurs compatriotes, les montagnards liégeois coururent aux Jacobins se présenter comme les seuls républicains dignes de ce nom, et firent décréter un scrutin épuratoire pour la société qu'ils venaient d'abandonner. Au jour fixé (12 mars, 22 vent.), l'un d'eux * monta à la tribune pour faire connaître ses griefs contre ses compatriotes soumis à cette cri-

^ « Un génie infernal, que nos ennemis'sans doute avaient vomi parmi nous, « mais que le génie de la liberté terrassa bientôt, et que nous chassâmes loin « de nous, troubla pour un moment cette harmonie sociale qui fait le bonheur « des nations et la consolation des vrais républicains. L'ardent amour de la « liberté, la bonne foi nous trompa quelquefois, en nous faisant croire à la « probité des hommes qui n'en avaient point... » Procès-verhai delà séance du 28 février (\0 ventôse). Il est signé, ainsi que celui de la note précédente : J. F. Bouchard, président; Lyon, secrétaire; J. F. Charlier, archiviste.

* Voir plusieurs procès-verbaux dans un ouvrage que nous avons cité précédemment : Code du droit public du pays réuni de Franchimontf Stavelot et Logne, vol. II.

> NM68, du 8 mars 1794.

* Briart et non Brillant, comme le porte le Moniteur qui, quelques pages plus loin, imprime Brie pour Brixhe. Il faut mettre c^tte discussion qui se trouve

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tique épreuve, et il termina son discours en demandant que Ton fit t à chaque candidat liégeois jacobin, celle question : Quels « principes as-tu manifestés sur la réunion du pays de Liège à la « France? Quelle opinion as-tu émise sur les affaires des 31 mai, « 1*"' et 2 juin? b Un Jacobin, qui était venu à Liège en qualité de commissaire du pouvoir exécutif, confirma les faits rapportés dans la dénonciation, et déclara qu'il avait trouvé « dans cette ville le « peuple à la hauteur de la révolution, mais obstacle par des « hommes qui avaient influencé la délibération des assemblées « du peuple pour la réunion, en proposant de le faire à certaines « conditions. » Ces mêmes hommes, ajouta-t-il, voulaient se faire épurer au moment où l'on était sur le point de rentrer dans Liège, tf espérant sans doute y reprendre les fonctions qui leur furent « confiées. » Les malheureux aussi cruellement poursuivis n'osaient récriminer, et attendaienl avec anxiété la décision qui allait être prise. Elle fut sévère : la société mère rapporta l'arrêté qui soumettait la société liégeoise à un scrutin épuraloire, et déclara rompre toute correspondance avec elle, c jusqu'à ce qu'elle eût « rejeté de son sein les intrigants qui avaient volé la réunion à la « France avec des conditions. >

Le mois suivant il y eut encore aux Jacobins une discussion du même genre (5 avril, 16 germ.), à propos du scrutin épuraloire auquel fut soumis un Yerviétois, le général Fyon. On lui reprochait d'avoir été l'un des promoteurs de la réconciliation '. Fyon avait été défendu par Robespierre, et sa cause semblait gagnée; mais il ne sut pas modérer son irritation, et au sortir de la séance il exerça d'assez graves voies de fait contre son dénonciateur qui

dans le Monitew, n' 177, du 17 mars 179i, en rapport avec une note de la brochure J. N, Bassenge de Liège à P. Chaussard, p. 178. A dater du n' 251, dn 11 septembre 1793, le Moniteur donne régulièrement un compte rendu des séances des Jacobins.

' < Plusieurs faits sont allégués pour et contre Fyon ; il est accusé d'avoir « consenti à la réunion de plusieurs aristocrates à la société populaire des « Liégeois; d'avoir fréquenté ces hommes qui, dans le pays de Liège, par- • siflaient les Jacobins et les meilleurs patriotes. ■ Moniteur, n* VHt, du 11 avni

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