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vint s'en plaindre amèremeot (8 aYril, i9 germ.) *. La discussion qui s'éleva fut vive. L^affaire fut envisagée, non comme une rixe personnelle, mais < comme une injure faite à la liberté dont cha- « cun doit jouir d'énoncer son opinion à la tribune, > et en prononçant la radiation de Fyon, on arrêta eu outre que le fait serait dénoncé au comité de sûreté générale. Cette querelle valut à Fyon d'être arrêté quelques jours après.
Toutes ces dénonciations, dont les comités de la Convention étaient saisis, nécessitaient un rapport, et ce fut pour le solliciter qu'une députation nouvelle de l'assemblée parut à la barre le 29 mai (10 prairial). L'adresse est longue et emphatique; elle se termine ainsi : < Les progrès rapides de nos invincibles armées « vont briser les fers de nos frères infortunés, si dignes de leurs < libérateurs. La masse des rérugiés, calomniée par l'intrigue, « attend avec confiance le rapport que vos comités doivent vous « présenter, ^lle sait ce qu'ils diront, car par leur voix l'équité « parle. Qu'il nous soit cependant permis, en terminant, de rcqué-
1 « Le citoyen Brixhe obtient la parole. Le Tait que ]'ai à dénoncer, dit-il, est d'autant plus important qu'il intéresse chacun des membres de cette société et la liberté des opinions. Lorsque vous imprimâtes le sceau de la réprobation sur le front des intrigants qui s'étaient glissés dans la société des Liégeois, le citoyen Duperret, qui avait développé la vérité à cette tribune, fat menacé en sortant de cette société par plusieurs individus; ]*y fus insulté moi-même. Hier encore, Fyon, sur lequel j'avais parlé, m'accosta; Je disais alors à Boulanger que Fyon ne pourrait pas se disculper des reproches qui lui étaient faits. En continuant de marcher, celui-ci me dit : Ne sais-tu pas que Je verse mon sang depuis quatre ans? Je lui dis que Je savais tout ce qu'il avait fait, et que J'avais tout dit à la société ; alors Fyon me porte un coup à la tempe gauche; Je tombai par terre de ce coup terrible; une citoyenne vint à mon secours, et me prit dans ses bras. Celui qui m'avait frappé fut arrêté; il fut conduit au comité de sûreté générale ; Je m'y rendis avec lui, mais nous ne pûmes être entendus. Dans l'antichambre du comité, Fyon m'adressa la parole, et me dit qu'il y avait un moyen simple de ter* miner cette affaire. Je lui répondis : Je t'entends; mais si tu aimes tant verser ton sang, pourquoi ne t'empresses-tu pas de le verser sur les frontières? Citoyens, si en descendant de la tribune , les citoyens sont exposés à de « mauvais traitements tels que ceux que J'ai éprouvés, Je ne sais pas comment • il sera possible de dire la vérité, et de dénoncer les malveillants. » Moniteur, n*S04, dul3avrill794.
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c rir instamment ces comités d*accélérer ce rapport. L'énorme c quantité d'affaires qui les surcharge absorbe, nous le savons, c leurs moments tous dévoués au salut de la patrie; mais celle-ci c est d*une nature toute particulière : c'est une masse de victimes « immolées par les tyrans, dénoncées par sept ou huit individus, c le rebut de nos contrées et les instruments sans doute d'agents c supérieurs. L'intérêt de la république, Tanéantissement des « projets des ennemis, tout exige que cette lutte finisse '. > Le Moniteur ne dit pas si ce rapport fut fait. Les événements qui survinrent bientôt le rendirent sans doute inutile.
Quant à la situation financière des réfugiés, elle était, au rapport de Briez (7 juin, 19 prairial), < vraiment pénible et malheureuse. » Des secours leur avaient été accordés, mais depuis quinze mois qu'avait commencé leur exil, « ceux qui avaient reçu le plus c n'avaient touché que 700 livres, et même depuis six mois ils « n'avaient plus rien touché. » Le ministre de l'intérieur exigeait, * avant de continuer à leur accorder des secours, que la Convention interprétât, en leur faveur, un décret qui allouait une somme de vingt millions pour venir en aide aux habitants des communes envahies par l'ennemi. On voit que déjà il s'agissait de remettre en question la réunion de la Belgique à la France. Le rapport concluait, et ces conclusions furent adoptées, à ce que les réfugiés fussent assimilés aux habitants du territoire envahi *. Nous avons dit l'organisation nouvelle que la Convention, à la fin de la campagne précédente, avait donnée aux corps armés des réfugiés. Leur secours ne fut pas inutile, et plusieurs rapports signalent le coorage que déployèrent les tirailleurs belges '.
Les progrès des armées françaises ne pouvaient manquer de faire sensation en Belgique. Les deux provinces exposées les premières à l'invasion étaient précisément celles où les idées de liberté comptaient toujours le plus de partisans, malgré les mràei
1 Moniteur, n* S52, du 31 mai 1791.
> Monitmty n*260, du 8 juin 1791.
* Voir notamment un passage d'un rapport lu à la Convention, le 5 mai 17S4. 3font(fttr, Qo iS8, da-7 mai 1791.
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fraternelles des hommes de la Convention ' , celles aussi où les populations se montraient le moins disposées à se servir des armes que le gouvernement autrichien leur présentait. A Gand, un mouvement populaire assez sérieux avait éclaté après la bataille de Hondschoote, un autre encore après la bataille de Wattignies. Quand les Français, quelques mois plus tard, commencèrent à pénétrer en Flandre, ils ne rencontrèrent, de la part des habitants, de résistance que dans un fort petit nombre de localités '.
Un coup décisif allait être porté. Jourdan, ayant reçu l'ordre de se transporter sur la Sambre avec une partie de Tarmée de la Moselle, quitta Arlon, dont il s'était emparé au début de la campagne, et traversa le Luxembourg en forçant Beaulieu (23 mai 4 prair.), trop faible pour lui résister, à se retirer vers les frontières du pays de Liège. Ce fut le signal de mouvements révolutionnaires qui éclatèrent sur différents points. Près de Stavelot, les paysans en vinrent aux mains avec une troupe d*émigrés français, dont le prince évéque avait accepté le secours. A Liège même, toutes les armes furent enlevées aux bourgeois, qui semblaient disposés aussi à Témeute. Le général français passa la Meuse à Dinant, dont il s*empara sans coup férir', et le même jour il effectua sa jonction avec Charbonnier (29 mai, 10 prair.). Cette concentration portait sur ce pointa 107,000 hommes * le chiffre
> Ce sont les expressions dont se servent les représentants du peuple Bo et Hentz, en rendant compte à la Convention d'une expédition sur Couvin et Cbimai, dans laquelle ces deux petites villes avaient été singulièrement rançonnées. Moniteur, n* 50, du 10 novembre 1793.
* Nous n'avons trouvé de trace d'une résistance opposée aux Français, que dans ce passage d'une lettre lue à la Convention : • Les paysans ont fait « quelque part de la résistance ; leurs propriétés et les châteaux ont été livrés « aux flammes. Depuis deux jours, on ne voit que du feu dans le pays « ennemi » Moniteur, n" Î22, du f mai 1794.
s • Avant-hier, porte une lettre datée du 31 mai, entre deux et trois heures « après midi, les honnêtes gens de cette ville eurent la douleur d'en voir partir « les Autrichiens, et d'y voir entrer les soldats de Robespierre. » Esprit des gazettes, 1794, 1, 545.
* M. Thiers ne donne qu'un chififre de SI ,000 hommes. Un tableau officiel, publié dans ï Histoire parlementaire de la révolution française (vol. XXXUI, p. 271), nous fournit le nOtre.
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de Tannée française, qui prit alors le nom d^année de Sambre-eU Meuse, et qui fut placée sôus le commandement supérieur de Jourdan, subordonné lui-même à Pichegru.
Un plan fut alors proposé par ce dernier : il consistait à séparer Clerfayt du reste de Tarmée des coalisés, et à faire ensuite un mouvement à droite pour tomber sur les derrières de Cobourg que Jourdan eût en même temps attaqué en tête. Le comité de salât public, préoccupé d'une expédition en Hollande, refusa son assentiment au projet, et ordonna à Pichegru de s'emparer d'abord des places maritimes de la Flandre. L'armée de Sambre^i-Meuse fut donc laissée à ses seules forces, et chargée cependant de décider le succès de la campagne. Trois fois déjà, les Français avaient été rejetés de la rive gauche sur la rive droite de la Sambre. Jourdan, obéissant aux injonctions de Saint-Just envoyé à l'armée pour faire exécuter le plan arrêté par le comité de salut public, donna l'ordre de traverser de nouveau la rivière (18 juin, SOprair.) ; cette tentative ne fut pas plus heureuse que les précédentes. Enfin, un cinquième passage eut lieu peu de jours après (25 juin, 7 mess.), et Charleroi, qui était l'objet de tous les efforts des Français, se rendit '.
Cobourg, ignorant la capitulation, arriva pour porter secours k la place, et livra, le lendemain (36 juin, 8 mess.), cette bataille de Fleurus qui décida du destin de la Belgique. Le succès ne fut guère aussi décisif que l'assurèrent les rapports de Barrère à la Convention '; sur la plupart des points, les Français avaient eu le dessous ', quand Cobourg, apprenant le reddition de Charleroi, donna
• C'est à cette occasion que Saint-Just répondit froidement au commandant de Charleroi, qui demandait des conditions de capitulation : • J'ai laissé ma « plume à Paris, et ]e n*ai apporté que mon épée. »
• Voir ces rapports dans le Moniteur, n*' %S0 et 286, des 28 Juin et I JuiUet 1794. M. Wachsmuth (Geschichte Frankreichs im Révolutions ZeitàUer, II, 95S) a bien raison de dire que ce sont des chefs-d'œuvre de barbarie et de boorsouflore (Bombast).
• Une lettre adressée au maréchal Bender, du champ de bataille à huit heures du matin, portait : • Gomme fennemi se défend encore en faisant retraite, et « qu'il pourrait être trop long d'attendre la fin de la batalHe, )*ai Thonnear
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ie signal de la retraite. C'était bien un parti pris d'abandonner la Belgique, tout en feignant de vouloir la défendre pour ne pas mécontenter la cour de Londres. L'évacuation commença aussitôt après : Cobourg, se séparant du duc d'York et du prince d'Orange, rallia Clerfayt, et se retira sur Liège ; les Anglais et les Hollandais se hâtèrent de gagner l'Escaut, afin de couvrir les Provinces- Unies.
Trois jours avant la bataille de Fleurus, le ministre tenta une dernière fois d'exciter les Belges à défendre le territoire envahi, en leur dépeignant les calamités qui les attendaient : « Votre « population tout entière, disait-il, sera engloutie dans les armées « du vainqueur; vos bras seront dirigés contre vos parents, vos « femmes et vos enfants; ou, transplantés dans des contrées « étrangères, vous irez trouver la misère et la mort loin des riches c et fertiles contrées qui vous ont vus naitre... Les armées sont « encore entières, et la victoire a souvent couronné leurs glorieux
< efforts; mais les combats continuels, les fatigues et l'inaction « des Belges pourraient atténuer une ardeur qu'elles ne verraient « point partagée par la nation qu'elles défendent. Une marche « rapide sur le territoire ennemi aurait pu offrir des succès plus « brillants ; on a sacrifié la gloire à votre sûreté. Des renforts c puissants sont attendus, mais le péril est pressant quoique « momentané, et vous n'avez point de temps à perdre. Il n'est
< question, pour l'armement général auquel nous invitons la Belff gique, ni d'une incorporation régulière dans l'armée, ni d'une « prise d'armes durable, ni même d'une guerre difficile; cardes « armées disciplinées, courageuses vous appuient, et l'auguste a frère de notre maître, l'interprète habituel de ses sentiments « pour vous, dirigera vos efforts et marchera à votre tète : vous « armer, c'est déjà détruire l'audace et les espérances de l'enff nemi... >
Cette allocution n'était-elle qu'une démarche hypocrite destinée
« d'informer préliminairement Votre Excellence que l'ennemi est déjà forcé
< sur tous les points, et qu'il est tellement serré qu'U est impossible qu'il en « échappe beaucoup. » Journal de BruxéUe$t 1794, II, 623.