‹ Histoire des caciques d'HaïtiChapitre 47 sur 50 · ER · texte numérisé non relu

ER

me — Se

due à ché" D TTL EE dt de :

| À F 4 ni l'ai \#

à faire des canots d’une seule pièce et quantité d’ustensiles de ménage.

Le fig uier maudit est toujours vert, il vit et subsiste pendant plusieurs siècles. C’est un des plus gros arbres de l'Amérique. Le Père Labat en a vu de 25 pieds de circonférence. Son bois est mou, ses racines grosses € ét saillantes en dehors, de manière que l'arbre parait porté sur des arcs-boutants; ses branches sont énormes, s'étendent fort loin, et procurent un bel ombrage. Les fleurs du cibucan naissent par bouquets à l'extré mité des rameaux; elles sont oblongues, d’un vert foncé en dessus, päle a dessous, et comme co tonneuses, sans dentelures ; longues de

} à 12 pouces et larges de # à 5, d’une saveur astringent e, d’une . ‘ur herbacée, por tées sur des pé tioles courts, épais, qui s’étendent sur toute la longueur de la feuille et forme une côte saillante en dessous, à laquelle aboutissent plusieurs ne à vures obli-

ques, alternativement placées. Les fruits croissent le long des branches et des San ils sont sphériques, de Ë orosseur d’une noix de galle, verts en dehors, de couleur rose en dédans,

pleins d’un suc dites x, d'un goût fade. Les fruits renferment dans leur intérieur les fleurs qui se changent en une infinité de petites graines oblongues, roussâtres et fécondes. Ce sont ces petites graines s que les Espagnols du temps d'Oviédo comparaient aux lentes; et c'était pour cette seule raison qu'ils appelaient le cibucan où figuier maudit, surtout le bâtard, arbre des lentes.

LE GUAYABO

Le goyavier pyriforme, dont la synonymie est psidium pyriferum de Linné, est, d’après ce célèbre botaniste, de la famille de l'icosandrie monogynie. Jussieu le range dans ‘la belle famille des myrtes

Cet arbre qui se rapproche beaucoup des poiriers pour le port, lacouleur et la disposition de ses feuilles, joint à une taille médiocre des rameaux quadrangulaires qui sont garnis de feuilles opposées, ovales, oblongues, un peu obtuses avec: une pointe courte, très entières, lisses et marquées de points glanduleux. Les fleurs blanches du goyavier, accompagnées de deux bractées, et portées sur des pédoncules axillaires présentent pour caractères distinctifs, un calice presque pyriforme, à quatre ou cinq lobes irréguliers et profonds; une corolle en rose, à cinq pétales, contenant des étamines nombreuses, dont les anthères sont d’une couleur j jaune citron, tout autour d’un pistil, dont l'ovaire infère est surmonté d’un style et d’un stig-

mate beaucoup plus longs que les étamines : ces fleurs répandent une odeur agréable.

Le fruit est une baie ovoïde ou en poire, de la grosseur d’un œuf de poule ou d’une poire moyenne, à peau mince, jaunâtre, piquée de noir en dehors dans sa maturité, divisée en quatre parties, et contenant un grand nombre de semences dures ou osseuses, nichées dans une pulpe blanche ou couleur de chair, succulente, aromatique, d’une saveur agréable, douce, comme musquée. On en connait plusieurs variétés.

Usages. — Avec ce fruit dont les graines dures sont rejetées du corps des animaux sans altération aucune, les créoles font des compotes ou des pâtes qui sont plus estimées que celles même de coing, en Europe. Descourtilz dit que l'écorce mise en poudre sert à conserver les oiseaux empaillés et à tanner le cuir, et que le bois fait d’excellent charbon. Dans tous les cas le bois du soyavier est un bois très dur qu'on émploie dans les ouvrages de charpente et de menuiserie. Avec ses jeunes branches droites, on fait des bâtons fort estimés dans le pays, pour leur ténacité.

LE MAMEY- OU MAMEI

Le mamey est l’abricotier des Antilles, le mammea americana de Linné (Polyandrie monogynie). Cest le manchiboni des Caraïbes; Adamson le classe dans la famille des cistes, et Jussieu dans celle des guttiers, Enfin d’autres botanistes le rapportent dans Ja grande famille des synanthérées, genre sapotilliers.

Histoire naturelle. — Il est d’un port majestueux et devient très touffu : il affecte la forme pyramidale, Il s'élève à 40 et 60 pieds de hauteur, dans les terrains qui lui conviennent; le tronc a jusqu’à 4 pieds de diamètre. Son écorce est grisàtre, écailleuse ;: son bois est blanc, gommeux, facile à fendre; son feuillage est sombre comme celui des vieux bois dont il a la couleur. Ses feuilles épaisses et dures sont poreuses; elles sont ovales. obtuses, échancrées en cœur, d’autres fois très entières, warnies d’une côte saillante, à nervures obliques, superficielles, nombreuses et formant des réseaux irréguliers. Ses feuilles sont foncées en déssus, claires en dessous. Elles ont de 8 à 9 pouces de longueur sur 4 à 5 de largeur. Ses fleurs sont tantôt hermaphrodites, tantôt séparées, elles sont rosacées, ont quatre pétales arrondis, obtus, creusés en cuiller, blancs, d’une odeur suave et d’un goût astringent.

Le pistil devient un fruit charnu, succulent, sphérique, de à à

6 pouces de diamètre, et est couvert d’une pellicule peu épaisse, d'un gris jaunâtre, grumeleuse et qui blanchit en mürissant.

La partie comestible est spongieuse, d’un jaune rutilant, en se rapprochant du centre, puis blanchâtre, excentriquement traversée par des veines lactées d'une odeur pénétrante et aromatique et d’une saveur douce. Sa pulpe auricolore, recouvre depuis 1 jusqu’à 3 noyaux ovales, convexes supérieurement et concaves du côté qu'ils se touchent, composés de filaments posés en tout sens les uns sur les autres, de 18 lignes de largeur sur près de 5 pouces de longueur, lisses en dedans, d’un beau rouge carmin à l’intérieur où se trouve renfermée une amande ligneuse, d’un goût âcre, de couleur brunâtre, bilobée; on se sert du sue de cette amande pour tracer sur du linge des lettres que rien ne peut effacer.

Usages. — Ala Martinique, on fait de très bonnes liqueurs avec les fleurs de labricotier. Avee le fruit, on confectionne d’excellentes compotes et des candis très estimés. Avee le bois qui est facile à fendre, on retire à bien peu-de frais des aissantes, du merrain, des poulies et autres matériaux utiles. Cru, le fruit est indigeste, on en bonifie la chair en le faisant tremper, avant le repas, dans du vin sucré, aromatisé avec la cannelle et le girofle, quand on n’a pas le temps de le euire dans du sirop.

LE QUENTAS DEL XAVON

Le Quentas del Xavon d’Oviédo est le savonnier mousseux décrit par Descourtilz, et le bois savonnette de Nicolson. Linné l'appelle sapindus saponaria (octandrie trigynie). Jussieu le classe dans la famille des savonniers ; et Adamson dans celle des pistachiers.

Histoire naturelle. — Cet arbre est d’une médiocre grandeur : son tronc se divise ordinairement à ? à 8 pieds de terre en plusieurs branches grosses comme la cuisse. Son écorce est grise raboteuse; le bois blanc, gommeux, dur: ses feuilles de différentes grandeurs. Elles sont d’un vert gai, luisantes en dessus. d’un vert pâle et veloutées en dessous, sans dentelure, terminées par une pointe qui est mousse, allongée et recourbée d’un côté, divisée par une côte en deux parties inégales. Ses fleurs sont en rose, composées de 4 pétales arrondis et d'un pistil qui devient un fruit sphérique, gros comme une cerise, suspendu en grappe, couvert d'une peau jaunâtre, brillante, un peu ridée. Cette peau couvre une substance jaunâtre, transparente, gluante, d’un goût fort amer, inadhérente à un noyau sphérique, qui est

fi er a ‘ré

eee

RER LR SDS .— er LE re» +

TON RSS "OUR NS SN du ÈT 7 FLORE INDIENNE 353

d’un beau noir, fort dur, brillant, dont l’amande est blanche, d’un goût d’aveline.

Ce fruit, ajoute Nicolson, à qui nous avons emprunté la plus grande partie de nos descriptions dans cet ouvrage, ce fruit mürit vers le mois de février. Il croît principalement dans les mornes et quelquefois dans la plaine aussi.

Usages. — On peut s'en servir pour savonner le linge. Pour cela, on met dans l’eau chaude une demi-douzaine de ces fruits; et peu de temps après, la pulpe se fond, l’eau blanchit, se charge de mousse et d’écume. Son noyau peut servir à faire des chapelets d'un noir plus luisant que l’ébène. Descourtilz remarque aussi avec raison que les dames créoles se servent du bout des jeunes branches ou des racines les plus tendres de cet arbre pour faire, après les avoir bien mâchés à une de leurs extrémités, des espèces non pas de cure-dents, mais de brosses à dents, dont l'usage habituel entretient une grande fraicheur à la bouche.

En outre du savonnier mousseux, il existe encore, rapporte avec justesse le même auteur ci-dessus mentionné, dans les iles, une liane, dite liane à savon, dont le bois dépouillé de ses feuilles et d’une partie de son écorce seulement, celle qui est la plus amère, sert aux mêmes usages.

LE CAOABAN OU LE CAOBA

Le caoban ou le caoba est le nom espagnol du Mahogon, bois d’acajou des autres botanistes, Les hommes caraïbes l’appelaient Lidoubouheri et les femmes Liacaïcachi. C'est le swietenia mabhogoni de Linné (Decandrie monogynie). Il est classé dans la famille des orangers de Jussieu et dans celle des azedaracks de Lamark. Nicolson l'appelle maurepasia, et Adamson le classe parmi les pistachiers.

Histoire naturelle. — Cet arbre s'élève à plus de 80 pieds; sa tige est droite, divisée par le haut en plusieurs grosses branches, qui à leur tour se subdivisent en plusieurs autres. Sa feuille est large, épaisse ; sa fleur verdâtre et petite offre aux regards une corolle plus grande que le calice à cinq pédales ouverts, concaves, qui contient dix étamines au sommet d'un tube cylindrique, environnant le pistil complet. Ses fruits sont très durs, à peu près de la grosseur du poing, grisâtre ou de couleur brune foncée, et ont la forme d’un œuf. Lors de leur maturité, ils s'ouvrent par la base en cinq valves qui s’enlèvent en manière de calotte, ét laissant sur l’arbre des réceptacles pentagones

entouré de semences, que les vents agitent, détachent et dispersent sur la surface de la terre.

Usages. — On s’en sert pour toutes sortes d'ouvrages de charpente et de menuiserie : on en fait de beaux meubles, des lambris, des aissantes, baignoires et des canaux d’une seule pièce, qui ont quelquefois plus de quatre pieds de largeur sur vingt de longueur.

Il y à une autre espèce d’acajou à planches, qui se nomme acajou moucheté, mais qui est devenu rare dans nos forêts, Il s'élève moins haut que le précédent; ses feuilles sont plus petites, ses fruits moins gros, son bois rougeâtre, parsemé de taches noires; il est: très recherché pour faire les meubles.

Page 1