‹ Histoire des CampagnesChapitre 100 sur 267 · LIVRE XVÎ. ao · texte numérisé non relu

LIVRE XVÎ. ao

officiers , soldats , citadins , tous réunis en un seul sentiment, malgré la diversité des opinions , se montrent pénétrés du devoir sacré pour toutes les nations , de défendre leur capitale. Deux parlementaires s’étoient présentés inutilement aux avant-postes des maréchaux ducs de Raguse et de Trévise ; ort avoit refusé de les admettre. Tout étoit prêt pour une courageuse résistance sur les hauteurs qui protègent Parb ; l'artillerie garnissoit les positions ; le duc de Raguse , après avoir jeté ses plus grandes forces sur les hauteurs de Bellcvillc , dernier boulevard de cotte immense capitale , entre la roule de Soissons et la rive droite de la Seine , veut se hâter d’arriver à celles de Romainville , qui étoient la clé de la position, et que le général Compans ,ense retirant de Claye, avoit négligé d’occuper; mais l’ennemi y étoit déjà , et c’étoit dans le bois même do Romainville que l’action alloit s’engager.

Vers cinq heures du matin , le canon gronde par bordées qui se succèdent , accompagné du feu roulant de l’infanterie , qu’entretiennent les tirailleurs de part et d’autre ; ils s’éparpillent , s’approchent , s’attaquent , et le combat devient de plus en plus acharne. Ce

prélude terrible sert de signal aux nombreux agens de la police dont le chef est encore à son poste. Fameux par sa participation barbare à tous les crimes de Napoléon , ce frénétique zélateur du pouvoir du glaive , dominoit encore la capitale , soit par l’effroi de son ministère odieux, soit par les moyens de corruption de ses habiles devanciers. Tout son mérite à lui consisloit à imiter grossièrement son maître dans son incohérence , ses incartades , et le flux risible de ses paroles. Tout en s-e faisant gloire d’ètre son premier archer , il s’érigeoit en protecteur des académies , nul avant lui n’ayant avili avec tant de scandale les organes du savoir et de l’opinion. Persécuteur de la vertu et de l’innocence , aveugle dans son appui comme dans ses inimitiés , il protégea la bassesse et le crime. Homme d’Etat inepte , il fut atteint, au milieu de la crise dont il étoit incapable de calculer les effets , du même esprit de vertige qui s’emparoit alors de tous les esclaves du despotisme : aussi accéléra-t-il la chute du pouvoir dont il étoit le sé’i’de , et qu’on lui avoit imprudemment confié. Dans sa rage impuissante , vouant Paris à la destruction , il le laisse en proie aux plus vils sicaires.

Page 1