LIVRE XVI
Tandis que ces préparatifs se complétoient , les souverains alliés et leurs généraux , asseniblés en conseil de guerre dans la nuit du 29 au 3o , arrêtoient les dernières dispositions d’attaque. Le prince royal de W urtemberg , formant la gauche , devoit marcher sur Vincennes ; le général Rayefski sur Pantin et Bellcville ; les gardes russes et prussiennes sur la grande chaussée qui conduit de Bondy à Paris le long du canal de l’Ourcq. Sur la droite, l’armée de Silésie devoit se diriger par la chaussée de Soissons , vers Saint-Denis , et sur le village de la Villette, pour aborder les hauteurs de Montmartre, tandis que la grande armée marcheroit sur les hauteurs de Belleville et de Romainville. Le troisième corps étoit placé en échelons et en réserve , ainsi qu’une partie de la cavalerie.
Tout préludoit à une attaque prochaine , vers l’enceinte de la capitale , et les Parisiens ne soupçonnoient point encore la grandeur du péril qui les menaçoit. Poursuivant son système de perfidie et de mensonge , le gouvernement venoit d’annoncer que tous ces préparatifs militaires n’avoient pour objet que de repousser une foible colonne de l’armée ennemie ; et deux cent mille hommes arri-
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voient sous .les murs de Paris ; des masses d’infanterie s’avançoient par trois routes diffé- ' rentes ; une cavalerie nombreuse couvroit les plaines ; six cents bouches à feu alloient foudroyer les hauteurs.
De tous les spectacles, le plus nouveau pour les Parisiens , comme le plus terrible , étoit sans doute celui d’une bataille ; la guerre , depuis près de deux siècles , n’avoit pas approché de leurs murs.
Le 3o mars , à deux heures du matin , Joseph donne l’ordre formel de défendre Paris et de faire marcher la garde nationale. Entre trois et quatre heures, la générale , et ensuite le rappel des tambours se font entendre dans tous les (juarliers de la ville , et tirent de leur sommeil les Parisiens , dont un grand nombre s’étoit livré aux douceurs du repos , sans prévoir que le réveil du lendemain seroit le signal des combats. Toute la garde nationale, quoique irritée et découragée de la fuite honteuse des membres du gouvernement, prend les armes et se rend avec célérité aux différens postes qui lui soûl assignés en seconde ligne. En vain des femmes et des enfans en pleurs cherchoient à retenir leurs époux, leurs pères qui s’arrachoient avec effort de leurs bras : généraux ^