‹ Histoire des CampagnesChapitre 102 sur 267 · LIVRE XVI.' ao · texte numérisé non relu

LIVRE XVI.' ao

ïiërcs , demandèrent partout des armes , et n’en trouvèrent nulle part. Un de ces rassemblcmens se porta en hâte sur la place Vendôme, et là il reçut de l’état-major des piques pour aller au feu ; mais le peuple rejctoit ces armes en criant à la trahison, comme s’il eût été au pouvoir des chefs de l’armée de lui offrir des fusils qu’ils n’avoient pas. Ceux qui formoient ces groupes tumultueux , sorloient presque tous de la classe souffrante et laborieuse : ils ne désiroient que le trouble dans, l’espoir du pillage; tel étoit le mobile qui 4^ poussoit à prendre les armes , à provoquer le carnage et l’incendie, à proclamer le retour subit de Napoléçn et de son armée. On avoit juré dans des conciliabules tenus au sein de* faubourgs , d’exterminer les marchands , de dépouiller les riches ; les maisons , les victime* étoient désignées, et les voitures toutes prête» pour l’enlèvement du butin. Telles étoient les dispositions sinistres de quelques centaines de forcenés, et la police cherchoit à l’agiter cette lie impure de la population, au moment môme où l’ennemi, après deux heures d’escarmouche» et de canonnade , en venoità des attaques pbis sérieuses.

A huit heures du matin, le corps russe

ao8 CAMPAGNE DE 1814.

du général Rayefski s’étoit avancé de Bondy) en trois colonnes , soutenu par les gardes et les réserves ; et , quittant la grande route de Meaux , il avoit formé l’attaque des hauteurs de Belleville. De même que celles de Montmartre , elles commandent Paris et le terrain d’alentour, qui est couvert de villages et de maisons de campagne. La division du prince Eugène de Wurtemberg, après avoir commencé et soutenu le premier feu , essaie de tourner le flanc droit de la position ; mais ses ftasses d’infanterie sont repoussées. A l’instant le duc de Raguse, prenant l’offensive, fait occuper par ses tirailleurs les bois et les maisons avancées de Pantin , et appuie toute son infanterie par une artillerie favorablement postée. La disposition du terrain ne permettant pas à la cavalerie alliée d’exécuter aucune charge décisive , le feu de l’artillerie parisienne a le temps de porter le ravage dans les rangs ennemis. Le combat continue avec opiniâtreté sur les hauteurs entre Romainville et Pantin ; et l’acharnement est tel qu’il faut renouveler les tirailleurs de part et d’autre : les villages de Pantin et de Romainville pris et repris plusieurs fois , restent au pouvoir des troupes françaises. ,

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