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LIVRE XVI

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Xi’arrivée de toutes les colonnes d’attaque ,• et de grands efforts de courage pouvoient seuls donner la victoire aux allies. Deux circonstances imprévues vinrent encore ajouter à l’incertitude et aux dangers de cette journée sanglante.

Le général Bardai de Tolly . commandant en chefles armées russes , apprit, en arrivant sur le champ de bataille , que le maréchal Blucher n’avoit reçu que dans la matinée les dispositions d’attaque , et qu'il ne pourroit , à cause de l’éloignement , arriver près de Montmartre que vers le milieu du jour. Le général russe fut également informé que le corps du prince joyal de Wurtemberg, soutenu par celui du général Giulay, ne seroit en mesure de prendre part à l’action au-dessous de Vincennes, qu’a près midi. Ces contre-temps et la résistance des troupes françaises miiltiplioient les obstacles à tel point qu'il devenoit douteux qu'on pût s’emparer dans la journée des hauteurs qui dominent Paris. Dès lors tout devenoit problématique, car l’apparition subite de Napoléon , au centre de tant de ressources , pouvoit changer en un moment l'état de la guerre. En admettant même qu’il reparût seul et sans armée , n’auroit-il pas trouvé des 2, i4

■itd CAMPAGNE DE 1814.

moyens immenses pour ouvrir un nouveau champ de carnage ? Les derniers rapports du général Wenzingerode rendoient cette circonstance vraisemblable , Buonaparte ayant Êdt un mouvement rétrograde sur Vitry dès le mars. La perspective du danger fit sentir la nécessité d’un effort extraordinaire , et le général Bardai de Tolly engagea sur-le-champ l’élite des troupes russes pour décider le sort de la journée.

Il fit avancer sdccessivement les grenadiers de la réserve , les gardes prussiennes et de Bade» pour prendre part aux attaques du général Rayefski. Bientôt le village de Pantin , défendu par le général Compans , est repris à la baïonnette , et le priuce Eugène de Wurtemberg enlève celui des Prés-Saint- Gervais, Mais les troupes françaises , recevant aussi des renforts , reviennent à la charge avec la plus rare valeur. Arrêtées par les grenadiers russes près d« bois de Romainville , elles sont rejetées. enfin dans les villages de Belleville et de Mesnilmontant ; néanmoins chaque avantage n’étoit obtenu qu’au prix des plus grands sacrifices, et après là plus vigoiireuse résistance. Un feu nourri de mousqueterie et de canon alimentoit le combat sur toute la ligne. En-

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