‹ Histoire des CampagnesChapitre 104 sur 267 · LIVRE XVI. ait · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. ait

flammés d’une ardeur martiale, les soldats français ne cessoient d’opposer la plus vive résistance , et descendoientméme des hauteurs la baïonnette en avant, pour repousser les alliés. Le champ de bataille étoit couvert de morts, et le carnage présentoitle plus affreux spectacle. Déjà les Russes occupoient toutes les collines entre Romainville et Pantin. Le général de Tolly ordonne alors à tous les régimens , transformés en tirailleurs , de réunir leurs forces et de quitter l’offensive , dans la persuasion qu’à l’arrivée de l’armée de Silésie et du prince royal de Wurtemberg sur le terrain , on s’empareroit de ’Belleville et Saint- Chaumont avec moins de sacrifice.

La plupart des généraux français ne se dissimuloient déjà plus que Paris succomberoiC infailliblement si les alliés montroient de plus fortes masses ; mais le sentiment de l’honneur national portoit officiers et soldats à redoubler d efforts et de courage. Joseph Buonaparte manifestoit lui-même une sorte d’émulation , et se flattoit de consener intact le siège de la puissance de sa famille. Des hauteurs de Montmartre , où il s’étoit transporté avec son état-major de Vittoria , il expédioit ses aidesdc-camp à tous les postes , et faisoil répéter aux

gardes nationales et aux troupes de ligne celte phrase si rassurante de sa proclamation : « Je suis avec vous! défendez-vous ! » Telle étoit encore sa confiance, quatre heures après les premiers coups de canon , qu’il supposoit toujours l’ennemi n’ayant que vingt-cinq à trente mille hommes pour former ses attaques. Il ne fut détrompé que par l’arrivée subite d’un oflicier tombé la veille dans un parti de cosaques, et conduit au quartier-général des souverains alliés. C’étoit le capitaine - ingénieur Peyre , attaché à l’état-major général de Paris.

Cet ojfficier avoit reçu du gouverneur Hulin la commission délicate d’aller reconnoître la force et la position des alliés, ou, selon une autre version , de s’informer seulement des motifs qui avoient fait refuser les parlementaires. A peine débouchoit-il de Pantin , que , tombant dans une avant-garde de cosaques , il fut fait prisonnier ainsi que son gendarme d’ordonnance. Il soutint d’abord qu’il étoit retenu contre toute espèce de droit , sa mission ayant pour objet l’envoi des parlementaires , et il demanda à être reconduit aux avantposteé. On lui objecte qu’il n’est point en règle , n’étant pas précédé d’un trompette , et n’ayant aucun ordre par écrit. Forcé de rester

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