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LIVRE XVI

sous la garde des cosaques , ce n’est que le lendemain, au point du jour, qu’il est transféré à Bondy. Dans son trajet, le capitaine Peyre commence à reconnoître la force des alliés , qu’il avoit crue , ainsi que tout Paris , de vingt-cinq à trente mille hommes. Quelle est sa surprise , lorsqu’étant arrivé au quartiergénéral , on lui annonce qu’on va prendre à son égard les ordres de l’empereur Alexandre. 11 étoit sept heures du matin , et la canonnade se faisoit entendre distinctement sur Paris , aii moment où le prince de Schwartzenberg prévint cet officier qu’il auroit audience de l’empereur de Russie à l’issue du conseil qui venoit de s’assembler ; bientôt , en effet , il est introduit devant le czar.

« Monsieur , lui dit Alexandre, sur le refus » qu’on a fait hier de recevoir les parlemen- » taires des alliés , j’étois décidé à attendre j> qu’on vînt me faire des propositions au nom » de la ville de Paris. Ce n’est point à la na- » tion française que nous faisons la guerre , y> mais à Napoléon qui, par la plus injuste » agression , lorsque j’avois traité loyalement » et franchement avec lui , a porté le fer et le » feu dans mes Etats : n’a-t-il pas occasionné la » dévastation de mon pays, et l’incendie de

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ai4 CAMPAGNE DE 1814.

» ma capitale? Je pourrois user de repré-» J) sailles ; mais , je vous le répète , ce n’est 3> point à la nation française , ce n’est point à la ville de Paris que je fais la guerre : » croyez-vous que Paris se défende ? — Oui , y> Sire , répond le capitaine Peyre. — Tant pis, }> reprend Alexandre ; vous avez pu juger de » la force de notre armée : ce n’est point une )) seule division comhie on vous l’a dit fausse- » ment , mais l’armée de l’Europe entière qui j> est devant votre capitale. Toute résistance » seroil donc vaine, et feroit répandre le sang î> inutilement : combien est forte l’armée sous 3> Paris? — Votre Majesté me permettra de » ne pas répondre à cette question. — C'est )> juste ; mais , Monsieur , puisqu'on veut se 3) défendre , dites bien à celui qiii vous a en- 3» voyé, que d’après la démarche que volis venez 3> de faire, les hautes puissances ont chargé 3> le général Bardai de Tolly d’attendre à 3> portée des avant-postes le parlementaire 3* qu’on jugera convenable d’envoyer pour en- 3> trer en. conférence. Voilà des proclamations, 3) remettez-les à qui bon vous semblera. Sur- 3> tout n’qubliez pas de dire, puisqu’on veut se 3> défendre , que je serai toujours disposé à 3» traiter lors meme qu’on se battroit dans

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