LIVRE XVI
fols , assistoient à une bataille ; d'autrés « qui maudissoient le funeste honneur de soutenir un chef odieux et un gouvernement détesté trouvèrent le chemin de la retraite , en jetant un coup d’œil en arrière ; d’autres , touchés des larmes de leurs femmes et de leurs filles qui venoient les arracher du danger, suivirent aussi l’exemple que suggéroient la prudence et l’indignation ; d’autres enfin s’opposèrent avec énergie à ce que -la garde nationale fût sacrifiée à l’intérét politique d’un seul homme. A la barrière de Mousseaux , par exemple, l’ordre est donné au bataillon de ser>ice, par un officier supérieur, d’aller combattre avec la troupe de ligne. Le bataillon reste indécis; le chef insiste. Le duc de Fitz-James sort des rangs , prend la parole , et dans une harangue animée, démontre à ses frères d’armes. que l’ordre de leur chef est contraire à l’institution de la garde nationale. Entraîné par son discours , le bataillon refuse de dépasser la barrière, et le duc de Fitz-James donne ainsi le premier exemple d’une désobéissance courageuse aux ordres émanés de Napoléon et de ses adhérens. D’un autre côté cependant , l’histoire impartiale doit le dire , la garde
nationale parisienne fournit aux principale^ attaques une foule de tirailleurs qui contribuèrent à repousser l’ennemi à plusieurs reprises ; elle eut un grand nombre de blessés dans ses rangs , laissa plus de trois cents morts sur le champ de bataille , et resta ferme sous les drapeaux du devoir. Elle reçut pourtant d’un de ses propres chefs le honteux exemple d’une lâche désertion, et ce chef appeloit depuis trois mois tout Paris- aux armes. Que disje ! organe de toutes les mesures désastreuses provocateur de tous les moyens d’avilissement, apôtre fougueux de la tyrannie , ses travaux y ses discours ne tendoient qu’à perpétuer le système de désolation générale sur lequel étoit fondée la puissance de Napoléon. Aussi jouissoit-il de toute sa faveur : honneurs , richesses , crédit, tout étoit accumulé sur sa 'tête. Qui n’eût dit alors qu après avoir ceint l’épée , il n’eût versé jusqu’à la dernière goutte de son sang pour celui auquel il n’hésitoit pas de sacrifier la France ? N’avoit-il pas déclaré à la garde nationale que si elle tenoit un jour seulement , l’Empereur àrriveroit avec des forces considérables ? Le canon gronde'; le sifflement des balles se fait entendre ; le trône de Napoléon est en péril