‹ Histoire des CampagnesChapitre 11 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

â’Arcangues , tandis que le général Reille , avec la division Boyer, se précipite sur le bois.de Barouillet, où étoient retranchées deux divisions ennemies. Le général anglais Robiason , avec une seule brigade , soutient d’abord , pendant plus d’une heure , tous les efforts de cette vive attaque; mais sa troupe accablée se retire en désordiHü : on lui fait huit cents prisonniers, entre autres quatre cents jeunes gens de la garde noble de Londres. Toutefois le général anglais , par sa longue résistance , donne le temps d’arriver aux autres corps qui reprennent successivement l’offensive. Déjà Wellington avoit fait marcher au secours de sa gauche des renforts imposans. Sur sa droite les assaillans venoient d'étre reçus avec une égale vigueur ; ils s’étoient retirés , laissant aussi le champ de bataille couvert de leurs morts. Ces attaques répétées , mais infructueuses , coûtèrent beaucoup de sang aux deux armées; près de quatre mille hommes furcht mis hors de combat du côté des alliés. Le général Robinson fut blessé en persistant dans sa glorieuse résistance ; le lieutenantgénéral Hope reçut une forte contusion , et le lieutenant - colonel Loyd , du quatre-vingtquatrième régiment anglais, resta parmi les

CAMPAGNE DE 1814.' morts. Du côté des Français , la perte fut moins considérable ; des relations particulières l’évaluent à douze cents combattans.

Cette brusque attaque du maréchal Soult , sur la gauche de l’ennemi, avoit eu pour objet d’obliger Wellington à retirer sa droite postée au-delà de la Nive; mais ce but fut manqué malgré les plus habiles dispositions. Après l’action vers neuf heures du soir, l’armée française fut abandonnée par deux bataillons de Nassau , e^ pai' le régiment de Francfort. Ces troupes allemandes , instruites par leurs chefs des résultats de la bataille de Leipsic , et placées en front de la quatrième division anglaise , pour observer ses mouvemens , saisirent avec ardeur l’instant favorable , et passèrent dans le camp des alliés : on les accueillit de la manière la plus cordiale. Le lendemain elles se dirigèrent vers le port du Passage pour être transportées sur le Rhin , où elles brûloient d’aller combattre en faveur de la cause européenne.

Cependant l’armée française , qui s’étoit repliée dans ses lignes , avoit laissé quelques bataillons opposés à la gauche des Anglais. Le lendemain 12 décembre, les divisions Boyer et d’Arricau renouvelèrent l’attaque, le maré-

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