‹ Histoire des CampagnesChapitre 111 sur 267 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

l’offensive , renversent tous les obstacles ; et , en peu de temps , les hauteurs entre les barrières de Belleville et de Pantin se trouvent tournées et assaillies de front : elles tombent bientôt au pouvoir des alliés , ainsi que vingt bouches à feu. Les grenadiers russes forcent , avec la meme vigueur et le même succès , les deux villages de Belleville et de Mesnilmontant. La mêlée de l’infanterie augmente le carnage , et plusieurs soldats sont tués à côté du duc de Raguse , à coups de baïonnettes , dans le village même de Belleville. La butte Saint- Chaumont est également tournée , forcée , et la garde nationale rentre un peu en désordre dans les barrières. Maîtres de la butte , les alliés se disposent à tirer sur les édifices qui sont à portée de leurs batteries : on y arbore aussitôt le drapeau noir.Les troupes françaises tenoient encore à leur centre la ferme du Rouvroy , en avant du canal de l’Ourcq, où étoit établie une forte redoute défendue par dix - huit pièces de canon en batterie. Cette position avoit tenu en échec pendant une partie de la journée le corps du général York; mais, le flanc étant débordé par les hauteurs de Romainville , l’ennemi , par une attaque simultanée , repoussa l’infanterie

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CAIMPAGNE DE 1814.

en bataille devant le Rouvroy. Là il fut contenu encore un moment par l’artillerie, jus- «]u’à ce qu'il eût engagé la sienne. Protégés alors par leui's pièces , les troupes d’élite des alliés firent tout reculer jusqu’aux barrières , après avoir encore enlevé sept canons; mais ce fut au prix du sang de leurs plus braves sol- »lals qu’elles obtinrent ces divers avantages. Les troupes françaises ne démentirent pas un moment la réputation de haute valeur qu’elles dévoient à vingt-cinq années de triomphes presque jamais interrompus ; accablées par le nombre , elles ne cédoient le terrain qu'en frémissant. On vit, pendant cette lutte inégale , plus d’un grenadier, plus d’un de ces braves vétérans que le peuple désigne sous le nom de vieille moustache , se traîner en dedans des barrières, atteint de plusieurs blessures mortelles , et là expirer le fusil à la main , en s’écriant d’une voix éteinte : Us sont trop !

Déjà le prince de Schwartzenberg avoit envoyé un parlementaire au générai Drouot , qui tenoit encore quelques positions au-delà des barrières pour exhorter ce général à cesser une résistance inutile qui compromettoit la sûreté de Paris et de ses habitans. Le général Drouot avoit répondu que , ne commandant

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