‹ Histoire des CampagnesChapitre 112 sur 267 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

point rarméc française , il alloit sur-le-champ faire part de cette ourerture au général en chef: le moment étoit décisif. Vers Gharonne , Belleville , Mesnilmontant et la butte Saint- Chaumont , l’ennemi avoit presque triomphé de tous les obstacles. Il étoit trois heures , et le duc de Raguse , autorisé avant midi à capituler , combattoit encore ; il avoit depuis long-temps la lotalité de ses forces engagées» Instruit que Joseph Buonaparte étoit en fuite , voyant les positions les plus avantageuses au pouvoir des alliés , et vingt mille de leurs ‘soldats qui alloient encore entrer en ligne , il expédia successivement plusieurs officiers parlementaires au prince de Schwartaenberg , pour lui faire connoître qu’il étoit prêt à entrer en arrangement. Un seul de ces officiers parvint à sa destination. Conduit devant le général Bardai de Tolly , il demande une trêve de deux heures au nom du duc de Raguse , qui , à celte condition , promettoit d’abandonner tout le terrain qu'il occupoit encore hors des barrières , et s’engageoit , l’armistice expiré , de souscrire à la reddition de la capitale. Le général russe en référa aussitôt à l’empereur Alexandre et au roi de Prusse , qui n’avoient pas quitté un moment

le champ de bataille. Ces deux monarques animés du désir de ménager le sang humain , et voulant préserver de sa ruine une des premières capitales de l'Europe , accordèrent la trêve , et ordonnèrent de suspendre le combat.

On étoit encore en pourparlers , quand les hauteurs de Montmartre furent attaquées par l’armée de Silésie Quatre cents dragons finançais , ayant un colonel à leur tète , osèrent charger plus de vingt mille hommes en colonnes d’attaque , infanterie et cavalerie ; ils renouvelèrent quelques charges infructueuses; et leur chef, voyant qu’ils alloient être tournés par la plaine de Neuilly , fit sonner la retraite , qui s’opéra en désordre. Montmartre étant alors découvert , le huitième corps russe , sous les ordres du lieutenant-général Roudsevitch , et le dixième , commandé par le lieutenant-général Kapzewitch , quoique plusieurs fois repoussés , escaladèrent enfin les hauteurs au pas de charge , après avoir culbuté quelques compagnies de ligne que la garde nationale soutenoit. Vingt-neuf bouches à feu et une soixantaine de caissons tombèrent au pouvoir de l’ennemi , dont les obus et les boulets atteignoient déjà le faubourg Montmartre et la Ghaussée-d’Antin.

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