LIVRE XVI
quand l’officier parlementaire duducdeRagusc revint avec l'adhesion des alliés à la proposition d’un armistice. La capitale de la France lut ainsi préservée au moment où elle alloit être forcée l’épée à la main sur presque toute la ligné de défense. Le général Compans avant évacué les liauteui’s de Pantin , l’ennemi s’étoit porté dans la rue de Belleville , le seul point de retraite du duc de Raguse. Il l’en avoit chassé, il est vrai, en chargeant lui meme, à la tête de quarante hommes, les premiers pelotons, assurant ainsi le retour de scs troupes ; mais il se trouvoil acculé aux murs de Paris.
Sur le flanc gauclie de la ligne d’attaque , les troupes du prince royal de Wurtemberg arri* voient sur le terrain, après avoir repoussé les corps qui défendoient les approches* de Vincennes. Une batterie de trente-une pièces de canon , placée entre Vincennes et la barrière du Trône, étoit confiée aux élèves de l’Ecole Polytechnique ; ils n’avoient que peu d’exercice , et pourtant ils rivalisoient d'ardeur avec les vétérans qu’on leur avoit associés. Transformés en canonniers , ces jeunes disciples de la guerre servoient les batteries avec l’enthousiasme de la valeur; leur feu, bien dirigé, jonrchoit de cadavres ennemis les a])prochcs des
aSa CAMPAGNE DE 184.
positions. Il y cul un grand nombre de ces élèves blessés sur leurs pièces, soit par les tirailleurs ennemis , soit par les hussards wurtembergeois, qui vinrent les charger à plusieurs reprises. Forcés de battre en retraite , ils abandonnèrent deux canons dont les attelages s'étoient sauvés. Mais, se voyant bientôt soutenus par un régiment de cuirassiers, ils reviennent à leur poste , y retrouvent leurs pièces , et soutiennent de nouveau le feu avec la même valeur.
On s’étoit battu pendant deux heures à la barrière même du Trône , et les alliés avoient d’abord été repoussés. L’arrivée de l’avantgdrde du prince royal de Wurtemberg donna aussi sur ce point la supériorité à l’ennemi. Quelques cosaques pénétrèrent vers le faubourg Saint-Antoine , et prirent aussi deux pièces de canon qu’un escadron de gendarmerie leur fit abandonner ; en même temps deux autres colonnes du prince royal se portoient sur les hauteurs de Piosny et sur Charenton. En vain les élèves de l’école vétérinaire , secondés par quelques troupes de ligne , défendirent le pont sur la Marne; cent cinquante jeunes gens y furent tués ; on tenta aussitôt d’y mettre le feu, mais sans succès ,