LIVRE XVI
la communication des mèches avec les fougasses se trouvant interrompue. L’ennemi eut le temps de s’emparer du pont , et de se répandre sur la rive droite de la Seine vis-à-vis le Port-à-l’Anglais. Là les tirailleurs du prince royal de Wurtemberg firent feu sur la garde nationale en patrouille vers l’autre rive.
La nouvelle d’un armistice suspendit toutes les attaques.
Déjà plusieurs maires des différens arrondissemens s’étoient as.semblés à l’Holel-dc- \ille pour avi.ser aux moyens de préserver la capitale d’ètre saccagée. Le capitaine Peyre vint rendre compte à ces magistrats de son entretien avec l'empereur de Russie^ et des dispositions favorables des souverains alliés; il fit sentir combien il étoit urgent de hâter le moment de la capitulation. Des députés nommés à cet efi'et se transportèrent d’abord au quartier-général du maréchal duc de Piaguse. Là se trouvoient déjà le comte Orloff , aide-de-campde l’empereur deRussie, et le comte de Paar, aide-de-camp du prim e de Schwart/.enberg, chargés de régler la cessation des hostilités , de concert avec le colonel Denys , premier aide-de-camp du duc de Ragiise, et le, colonel baron Fahiicr, attaché à son étal-major.
s34 CAMPAGNE DE 1814.
Le cri d’une capitulation avoit retenti; et l’héritier de Pierre-Ie-Grand , et l’héritier du Grand-Frédéric, s'étoieiit jetés dans les bras l’un de l’autre , en s’écriant d’une voix émue , et les yeux humides de larmes : La cause de l'humanité est gagnée ! Ces deux monarques s’étoient portés immédiatement après l’armistice sur les hauteurs de Belleville. Là ils virent la capitale de la France , et reçurent ses députés. Vers quatre heures du soir le comte de Nesselrode se rendit dans la ville , muni de ' pleins pouvoirs , pour ratifier la capitulation ; elle fut enfin conclue sur les bases suivantes :
Que les troupes alliées occuperoient le lendejjiain l’arsenal , toutes les barrières , et entreroient ensuite dans Paris que les maréchaux ducs de Trévise et de Raguse en sortiroient à la tête de leurs corps respectifs , avec leurs armes et leur artillerie.
One , dans aucun cas , les hostilités ne pourroient recommencer avant le délai de deux heures apres l’évacuation.
Paris étoit recommandé à la générosité des souverains alliés.
Immédiatement après la signature , l'empereur de Russie et le roi de Prasse , accompagnés du prince de Schwartzenberg , rclour-
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