‹ Histoire des CampagnesChapitre 116 sur 267 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

ncrent au village de Bondy , où avoiont été préparés leurs quartiers.

Le général en chef des armées russes, Bardai de Tolly , élevé ce même jour à la dignité de fcld-maréchal , porta son quartiergénéral au village de Boroainville.

L’armée de Silésie bivouaqua sur les hauteurs de Montmartre et aux environs.

Le corps des grenadiers russes s’établit sur las collines de Belleville et à Chàronne, et le corps d’armée du général Rayeh.ki , en arriére de ces deux positions; les gardes russes, prussiennes et de Bade restèrent aux environs de Pantin, ayant en arrière d’elles toute la cavalerie des corps de réserve.

Les troupes wurtembergeoises et le corps autrichien du comte Giulay bivouaquèrent aux environs de Vincennes et de Cbarcnton.

Ainsi les armées alliées s’étoient arretées , comme par une sorte d’enchantement , devant la capitale de la France , terme de tant de maux , de fatigues et de travaux guerriers.

La résistance opiniâtre et glorieuse des troupes françaises avoit coûté aux vainqueurs sept à huit mille Immuaes restés sur le champ de bataille , et aux vaincus trois à quatre mille. L’humanité eut à gémir sans doute :

mais du moins entrevoyoit-on la perspective consolante que tant de braves n’avoicnt pas succombé inutilement ; qu’ils avoient scellé de leur sang la chute d’un pouvoir monstrueux , et relevé pour ainsi dire l’étendard de l’Europe régénérée sous le gouvernement de souverains légitimes.

Toutefois l’esprit humain reste humilié et confondu , et il est forcé de reconnoître que ce ne fut point l’ouvrage des hommes. Paris , environné de dangers , n’y échappa que par une sorte de miracle. La seule résistance , commandée par le devoir et l’honneur, pouvoit occasionner sa ruine. Selon les dispositions arrêtées , dans la nuit du 29 au 3o , par les souverains alliés, toutes les colonnes d’attaque dévoient arriver à dix heures du matin sur le terrain désigné pour chacune d’elles ; non-seulement l’armée de Silésie , mais encore le corps d’armée du prince royal de Wurtemberg , et celui du général Giulay ne parurent en ligne qu'au moment de la suspension d’armes. L’attaque du prince royal vers la barrière du Trône devoit servir de signal pour une attaque générale depuis Montmartre jusqu’au faubourg Saint-Antoine, et de là à la Seine. Heureusement ce prince fut retardé dans sa marche ,

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