‹ Histoire des CampagnesChapitre 124 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

faisoit évidemment partie de l’association. La hiérarchie en étoit si cachée qu’on n’eût jamais pu en découvrir l’ensemble. I..a confédération ne reccvoit de direction que du roi ou de ses commissaires. De meme que les royalistes de l’ouest, ceux de Paris attendoient avec la plus vive impatience l’événement qui devoit les rendre à l’autorité légitime. Des noms illustres, tels que ceux des Rohan, des Ija Rocbefoucault, des Montmorency, des Chateaubriand , des Noailles , figuroient dans l'association parisienne. Elle avoit fait l'essai de son influence, en introduisant dans la garde nationale un grand nombre de royalistes , et en favorisant l’évasion de MM. de Polignac , qui , même dans les fers de Buonaparte , n’avoient pas désespéré de la restauration. En vain la police fit-elle arrêter plusieurs personnes en relations intimes avec MM. de Polignac , entr’ autres M. de Gobineau , l’un des hommes les plus dévoués à la •Maison royale; dans mille circonstances il l’avoit servie au péril de sa vie , et du fond de son cachot il la servoit encore (i).

(i) M. de Gobineau n’est sorti des prisons de ISuonaparte que 1e !<' avril, le lendemain de l’cntree des alliés à Paris.

s5o CAMPAGNE DE i8i4.

L’association échappa à toutes les investigations de la police , meme au moment critique de l’arrestation de M. de Saint-Victor, qui , envoyé en Bretagne pour les intérêts du roi , tomba dans les pièges tendus par les agens de l’usurpateur ; bravant les rigueurs des cachots et l’appareil des supplices, M. de Saint-Victor déploya le plus noble courage et une résignation parfaite : rien ne fut pénétré , et pourtant la police avoit des indices certains sur l’existence et sur l’organisation d'un parti royaliste.

Ni ces arrestations, ni l’éloignement de MM. de Polignac n’avoient pu ralentir les opérations de l’association parisienne aux intérêts de laquelle s’étoient aussi dévoués depuis long-temps MM. de Saint-Fer, de Quinsonna, Gain de Montagnac, Clermont Mont-Saint- Jean, et une foule d’autres gentilshommes, tous unis par les liens de l’honneur, 'de la religion et du patriotisme.

Au milieu de tous ces dangers renaissans, l’espoir venoit de luire enfin pour les royalistes. Des témoignages irrécusables avoient dissipé tous les doutes sur l’arrivée de S. A. R. Monsieur, comte d’Artois. On avoit su à Paris que ce prince , en pressant de ses pieds

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