‹ Histoire des CampagnesChapitre 125 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

aSi

le sol de la France, s’étoit livré à la plus touchante émotion ; que des larmes avoient coulé de ses yeux ; qu’il s’étoit écrié : « Je revois la » terre natale , cette terre sur laquelle mes » aïeux se plaisoient à répandre le bonheur. » La proclamation suivante, datée de Vesoul, le 27 février, étoit aussi parvenue avec un caractère authentique à MM. Adrien et Mathieu de Montmorency , principaux chefs de la confédération.

« Nous, Charles-Philippe DE France, fils de France, Monsieur, comte d’Artois,

lieutenant-général du royaume , etc. , etc. , à tous les Français, Salut.

» Français, le jour de votre délivrance approche. Le frère de votre roi est arrivé parmi vous. C’eçt au milieu de la France qu’il veut relever l'antique bannière des Lis , et vous annoncer le retour du bonheur et de la paix , sous un règne protecteur des lois et de la liberté publique.

» Plus de tyran , plus de guerre , plus de conscription, plus de droits vexatoires. Qu’à la voix de votre souverain , de votre père , vos malheurs soient effacés par l’espérance, vos erreurs par l’oubli , vos dissensions par l’union dont il veut être le gage.

25a CAMPAGNE DE 1814.

» Les promesses qu’il vous renouvelle solen-

nellement aujourd’hui , il brûle de les accomplir et de signaler, par son amour et ses bienfaits, le moment fortuné qui, en lui ramenant ses sujets , va le rendre à ses enfans. .Vive le Roi ! »

, Signé Ciiables-Philippe.

- Il paroissoit essentiel de répandre et de

faire connoîlre cette pièce importante , plus encore pour éclairer l’opinion publique que pour ra.ssurer et fortifier le parti royaliste. Tel étoit le sentiment du vicomte Mathieu de Montmorency (i). A peine l’a-t-il manifesté que M' Guillaume de Nieuvverkerke (2),etsonfrère Charles , de concert avec le comte de Laurice , s'emparent de la proclamation, et l’impriment en une nuit, sans ouvrier, .sans autre secours que leur zèle et leur propre intelligence ; ils en tirent mille exemplaires , et le lendemain , jour de la mi- carême , ils les répandent, secondés par M. de Maistre , dans toutes les classes de la société , couronnant ainsi , avec le plus rare bonheur , une entreprise si hasardeuse. Bravant alors tous lesdangers,M. Adrien

(1) Chevalier d'honneur de Madame.

(2) Mare'chal-des-logis , depuis la restauration, d.ms les grena diers royaux comuiBndc.s par M. de Larochejaquelein.

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