‹ Histoire des CampagnesChapitre 126 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

de Montmorency (i), accompagné de son fils Henri , alla déposer aux pieds de Monsieur comte d’Artois, lieutenant-général du royaume, le serment de l’inviolable fidélité d’une foule de gentilshommes et de Français de toutes les classes, dévoués aux intérêts de l’auguste Famille des Bourbons.

Bien ne pouvoit être plus avantageux aux royalistes que la nouvelle certaine de l’arrivée de Monsieur sur le sol de la France : aussi le gouvernement usurpateur s’e£Forçoit-il par ses émissaires et par ses manœuvres de démentir ou d’étouffer les bruits qui perçoient dans ce sens, soit à Paris, soit dans les provinces. Ce fut pour déconcerter les artifices de Buonaparte que M. d’Aguestré , fait prisonnier,’ et renvoyé sur parole , soutint dans le monde , qu’il avoit vu à Soissons M*' le duc de Berry. M. d’Aguestré , dans l’excès de son zèle , s’applaudissoit de l’effet de sa supercherie, lorsque, signalé à la police , il fut arrêté e t conduit à Vincennes , d’où il n’est sorti qu’à la res7 tauration.

Cependant, l’événement probable de l’occnpation de Paris par les alliés avoit fait juger

- (i) Prince de Laval, depuis ta restauratjon.

ar.4 CAMPAGNE DE i8i4.

necessaire aux royalistes d’organiser un mouvement dont l’explosion marqueroit l’aEFranchisscment de la capitale. Il importoit en effet de convaincre les hautes puissances que le vœu des Français, comprimé trop long-temps, n’avoit jamais cessé d’étre favorable à la cause du roi. Mais d’un autre côté , l’association parisienne étoit affoiblie depuis que plusieurs royalistes s’étoient rendus à leurs postes dans leurs provinces respectives.

D’ailleurs , pouvoit-elle se flatter de donner l’impulsion à un mouvement général?

Non sans doute : la défiance , l’égoïsme , l’isolement et la crainte régnoient dans toutes les classes , quoique le mécontentement fût général. Aucun parti dans l’Etat n’étoit en mesure de former spontanément et sans l’appui des étrangers une masse imposante, etirrésistiblé contre le pouvoir militaire. Les royalistes n’avoient aucune influence réelle dans l’administration , dans le gouvernement , ni dans l’armée : ils ne pouvoient agir qu’isolément et par les moyens violens de l’insurrection. Mais au sein même du gouvernement de Buonaparte s’étoit formé un autre parti plus à portée d’abattre d’un seul coup l’édifice de la tyrannie impériale. Sûr de trouver un ap-

Page 1