‹ Histoire des CampagnesChapitre 128 sur 267 · LIVRE XVII. aS · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. aS

le sentiment. On ne pouvoit se dissimuler que le danger étoit réel ; que , maîtres encore du terrain , les fauteurs de la tyrannie impériale se préparoient à faire échouer les tentatives des royalistes ; en iin mot que l’art-ivée subite de Napoléon j>ouvoit donner aux événemens une face nouvelle.

Les amis du roi , sans chefs avoués , sans direction immédiate, n’osoient rien se communiquer collectivement; ils sembloient délaissés par ceux même qui auroient dû préparer le mouvement et donner l’impulsion.

Toutefois, dans une réunion de royalistes, on décide d’abord que plusieurs gentilshommes à cheval et armés se déclareront publiquement , et entraîneront ainsi le peuple. Mais on considère ensuite, en délibérant avec plus de réflexion et de calme, qu’il seroit impolitique de vouloir maîtriser par la violence l’opinion générale. Le parti de se déclarer sans armes, et spontanément, est le seul qui paroisse convenable : il est adopté.

Instruits, dans la soirée du 3o mars, qu’une capitulation ouvriroit le lendemain l’accès de Paris aux alliés, plusieurs royalistes prennent entr’eux l’engagement de se réunir sur la place Louis XV, et de s’y déclarer pour les Bour-

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bons, sous lés auspices de la religion et de l’amitié ; nul d’enlr’eux ne connoissoit encore les vues des hautes puissances. Telle ctoit 1 incertitude à cet égard , que , dans la nuit même, M. de Semâllé, commissaire de Monsieur, comte d’Artois , fit partir le comte de Douhet de Sourzac (i), avec la mission expresse de percer les avant-postes des coalises , pour chercher le comte de Langeron , et recevoir de Gè général quelques lumières sur les intentions des souverains. M. de Douhet tra^ersa la chaîne des postes , et rapporta bientôt qu’un mouvement royaliste étoit indispensable pour fixer la détermination des puissances encore irrésolues. i

Enfin s’ouvrit, cette journée mémorable , quidevoit mettre un terme à vingt-cinq ^nées de désolation et de carnage. Dèâ le point du jour , lès habitans des deux sexes , abandonnant leurs maisons, se portent en foule vers les

(i) M. te comte de Douhet figuroit, en 1798, dans 1 organisation des royalistes du Midi, en qualité d’adjoint, ou ch^ militaire de la Basse-Auvergne et du Bourbonnais. Une commision militaire séante à Pwtiers, le condamna à mort , par contumace- Il obtint, en 1797, un brevet de lieutenant-colonel, et eut la mission d’aller établir une'correspondance entre la Vendée et l’Anvergne. Après la restauration, il fut nommé maréchaldes-logis des gendarmes de la garde du Roi. s

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