LIVRE XVIL
places , vers les quais de la rive droite , et de là gagnent les boulevards du nord dans toutes les directions, manifestant plus de curiosité que d’inquiétude. Tout se passe d'abord en reflexipns sur les dangers de la veille , sur la fuite de Joseph, sur la désertion du gouvernement , dont le plan de défense avoit eu pour base le pillage et la destruction de la capitale ; déjà même on ne se dissimule plus que les ennemis en sont les sauveurs.
Mais l’agitation et le désordre régnent encore au sein de Paris. Le mouvement partiel de retraite d’une foule d’officiers isolés ; l’arrivée d’un grand nombre de blessés ; le départ précipité de plusieurs membres du gouvernement et de l’administration ; la fureur concentrée des partisans de la tyrannie, tels étoient les objets qui frappoient encore le peuple , et lui inspiroient une sorte de crainte mêlée d’espérance. Son extrême mobilité se décéloitdans ses idées comme dans ses impressions.
On vit paroître bientôt , détachés, quelques officiers alliés, quelques patrouilles de cavalerie. A leur aspect , les applaudissemens , les ,cris d’union , les cris de reconnoissance , formèrent comme le prologue du spectacle inouï
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qui alloit s’offrir aux regards des Parisiens étonnes. Quelques murmures d'improbation \ se font entendre néanmoins , mais ils partent des salariés de la police, qui formoient le gi'and ressort du gouvernement de Buonaparte.
Un voile mystérieux couvre peut-être encore une partie des efforts tentés par les partisans de Napoléon pour soutenir et ranimer son autorité expirante dans les journées du 3o et du 3i mars.
L’énergie infernale qu’avoit déployée cet homme pendant tout le cours de sa puissance , faisoit pressentir par quels terribles moyens il s’efforceroit de la conserver.
Soulever le peuple , rompre la capitulation signée la veille , déjouer les projets des royalistes , provoquer des résistances , ou plutôt une infâme trahison , qui , en attirant la vengeance des alliés, relarderoit toutefois leur entrée dans Paris , et donneroit le temps à Buonaparte d’y porter le fléau de la guerre , tel fut le complot ourdi par ses adhérens dans la nuit du 3o mars.
Jusqu’au dernier moment ils persistent à servir leur maître avec toute l’énergie de la per>'ersité et du crime. Plusieurs d’entre eux à cheval , courent dans les quartiers du Louvre ,