LIVRE XVII
ment, d’ailleurs, n’ayaiit pu se propager jusqu’à la masse du peuple, fut aisément étoufté par l’arrestation des deux chefs de l’émeute , nommés Jacques Diette et Joseph Imhert, tous deux officiers dans un corps de partisans (i). M. de Thomasow, délivré par la garde nationale , accomplit sa mission , et le marquis de Forhin joignit les royalistes.
Ainsi que les tentatives incendiaires de la veille, les appels homicides furent sans effet sur la masse du peuple rendu à lui-mèrae. Loin de vouloir concourir au maintien d’un gouvernement détesté , il commençoit à exhaler son indignation contre scs instrumens pervers. Dans les marchés , dans les places publiques, partout on signaloit avec mépris les vtIs suppôts d’une police expirante. Les coilà! disoit le peuple , qui les reconnoissoit à leur maintien équivoque , à leurs yeux hagards ; les eoilà , mais nous nç les craignons plus ! Une impression profonde , celle de l’Indignation et du ressentiment , s’étoit commu-
(i) Appelés partisans «le saint Martin. Dielle et Imbert furent détenus pendant «juloze jours d.iqs les prisons de la Préfecture, alléguant pour leur justification qu'ils avoieut reçu des ordres; qu’ils étüicnt abandonnés et malheureux, mais qu'ils avoient obéi.
a64 CAMPAGNE DE 1814.
niquee aux Parisiens contre les auteurs de la cruelle épreuve que venoit de subir la capitale , et contre le chef insensé , qui , en épuisant la France , l’avoit réduite à une infériorité qui ne lui permettoit plus que. des sacrifices sans gloire.
Ainsi , ni les tentatives des brigands salariés , ni les bruits perfides forgés pour répandre l’alarme, ne firent évanouir ce sentim^t de sécurité générale , qui entraînoit cinq cent mille citoyens au-devant de l’armée libératrice. Les flots de la multitude se portoient , dans toutes les directions , vers les boulevards, où tout faisoit présager une explosion politique. Quelque danger qu’il y eût à se déclarer, on vit , à neuf heures du matin , paroître à cheval , sur la place Louis XV , M. Charles de Vau vineux , tenant à la main la proclamation suivante du commandant en chef des armées alliées, et s’arrêtant au milieu du peuple pour en faire la lecture à haute voix :
« Hahitans de Paris ,
» Les armées alliées se trouvent devant Paris ; le but de leur marche vers la capitale de la France est fondé sur l’espoir d’une réconciliation sincère et durable avec elle. Depub vingt ans , l'Europe est inondée de sang