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LIVRE XII

Mais elle éloit revenue cinq fois à là charge et toute à découvert , tandis que l’armée anglaise, retranchée et protégée par ses positions , tiroit à coup sûr : aussi , dans cette journée sanglante n’eut-clle hors de combat qu’ environ deux mille hommes. Tant de sang versé le fut donc sans fruit pour l’armée française , que le maréchal Soult engagea dans des attaques imprudentes et inutiles. Vraisemblablement il en avoit reçu l’ordre formel de Napoléon ; car , dans le cours de scs campagnes, le maréchal Soult avoit montré jusqu’alors plus de circonspection que de hardiesse.

Telles furent les batailles de l’Adour, où 'deux armées rivales qui s’étoient disputé pendant cinq ans la possession de la péninsule , commencèrent à s’essayer sur le sol de la France : elles s’observèrent réciproquement pendant toute la journée du i4 décembre.

Ayant échoué dans toutes ses tentatives pour déloger l’armée britannique , le maréchal Soult se mit à couvert dans son camp sous Bayonne. Il avoit manœuvré habilement sur les deux ailes de l'ennemi , dans l’espoir de forcer les points les plus foibles de sa ligne ; mais toutes ses combinaisons furent déjouées

a» CAMPAGNE DE 1814.

par la vigilance et le coup d’œil de son adversaire.

Toutefois lord Wellington put juger que l’armée française , soutenue par sa haute valeur et par la fermeté de son chef, seroit inexpugnable dans sa position retranchée ; iT“ dut pressentir qu’il faudroit encore des efibrts plus grands pour la vaincre meme sur un autre terrain , et pour forcer des barrières restées intactes pend.mt plusieurs siècles.

Il fit avancer la totalité de sa cavalerie , comme s’il avoit eu le dessein d’occuper tout le pays entre la Nive et l’Adour, et il rallia également ses réserves d’infanterie, manifestant l’intention d’investir Bayonne.

Dans l’attente d’une attaque générale , le maréchal Soult fit aussitôt inonder la rive droite de l’Adour et les deux rives de la Bidouse. Au meme moment son frère , le général Soult , se porta , avec une partie de la cavalerie française , à Hasparen , où il trouva en {losition sur le mont Chouchi la division espagnole du général Murillo.

L’armée anglo-portugaise, renforcée par Ic^ divisions de Galice et d’Andalousie, occupoit vers la fin de décembre les positions suivantes : L’aile droite , postée entre l’Adour cl la Nive ,

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