‹ Histoire des CampagnesChapitre 15 sur 267 · LIVRE XII. ag · texte numérisé non relu

LIVRE XII. ag

rommandoit la navigation des deux rivières ; le centre et la gauche étoient établis entre la Nive et la mer ; le centre néanmoins se trouvoit à cheval sur la Nive , ayant deux ponts de communication. Une division étoit cantonnée àUstaritz , et une autre à Villefranque ; l’extrême gaudbe s’étendoit de la mer à la paroisse d’Arcangues , et l’extrême droite s’appuyoit à l’Adour : ainsi l’armée décrivoit une ligne courbe depuis la mer ena^’antde Biaritz jusqu’à l’Adour , en avant de Home. Le pays sur sa droite lui étoit ouvert. Tranquilles et protégés dans leurs foyers , les habitans apportoient d’eux-mêmes à l’ennemi des vivres etdesfourragesqu’on leur payoit sur-k-charap, car on ne leur demandait pas une seule ration; et rien ne s’opposoit à ce qu’ils pussent voyager d’un lieu à un autre comme en pleine paix.

Une proclamation de lord Wellington fixa les bases sur lesquelles le commerce maritime devoit rejn^endre scw» essor dans les ports de la Navarre française au sud de l’Adour.

L’armée du maréchal Soult étoit loin de

suivre un système si libéral. Resserrée plus étroitement autour de Bayonne', elle levoit des contributions , enlevoit aux habitans leurs

3o CAMPAGNE DE i8i4.

moissons et leurs bestiaux , et épuisoit Icâ provinces environnantes par ces réquisitions forcées , qui excitoient des plaintes amères* Aigris par les exactions, les habitans accu-! soient le soldat de se livrer dans son propre pays aux mêmes excès qui dans la péninsule avoient souvent fait déplorer sa présence.

Napoléon, dissimulant avec soin l’état de la guerre , ne donnoit aucune publication aux dépêches et aux relations du maréchal Soult. Il permit salement l’insertion dans les journaux de la capitale , de quelques renseigfiemens vagues et tronqués sur les batailles de l’Adour : tout y étoit voilé. Pour mieux déguiser les événemens , on eut recours aux deux principaux mobiles du pouvoir de Buonaparte , l’exagération et l’imposture. Les nouvelles étoient censées venir des frontières d’Espagne : « Lord Wellington , disoit-on ,' » a tout-à-fait échoué dans son projet de forcer » les passages de la Nive et de l’Adour , de j> cerner la place de Bayonne , et de marcher » sur Bordeaux ; les combats qui ont eu lieu » depuis le g jusqu’au i3 décembre, ont été » à son désavantage ; il y a perdu quinze mille » hommes ,' tandis que l’armée française n'en » a pas eu le quart hors de combat. La cons-

Page 1