‹ Histoire des CampagnesChapitre 140 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

» que j’en ai reçus. Les Français sont mes' »■ amis , et je veux leur prouver que je viens' » rendre le bien pour le mal. Napoléon est » mon seul ennemi ; je promets ma protection » spéciale à la ville de Paris ; je protégerai , » je conserverai tous ses établissemens publics ; » je n’y ferai séjourner que des troupes d’élite ; » je conserverai votre garde nationale qui est » composée de l’élite de vos citoyens : c’est à j> vous à assurer votre bonheur à venir.

» 11 vous faut un gouvernement qui vous y» donne le repos , et qui le donne à l’Europe ; » c’est à vous à émettre votre vœu : vous me » trouverez prêt à seconder vos efforts. »

Les deux monarques , entourés d’une foule de princes et de généraux , se dirigèrent ensuite par les barrières de Paris vers le faubourg Saint-Martin , les cosaques de la garde formant la tête de la marche. Le comte Sosthène de la Rochefoucault en cocarde blanche, venoit d’arriver au-devant des souverains alliés, s’offrant pour guide à l’empereur de Russie. Vers midi toutes les troupes qui précédoient et suivoient le cortège impérial et royal firent leur entrée au son. des trompettes et d’une musique guerrière; elles étoient composées d’infanterie , d’.une nombreuse cavalerie et de

a8a CAMPAGNE DE 1814.

trains d’artillerie dans le meilleur ordre et dans la plus belle tenue. L’infanterie marchoit sur trente hommes de front , et la cavalerie sur quinze.

A leur arrivée dans le faubourg , la foule y étoit si considérable, les acclamations si vives que cette marche militaire fut longtemps ralentie ; et avant même que les monarques touchassent à la porte Saint-Martin pour déboucher sur les boulevards , il y eut long-temps impossibilité de poursuivre : tout Paris sembloit concentré sur un seul point. Vers une heure enfin , l’armée alliée , l'armée européenne , l’armée amie de la France parut sur les boulevards Poissonnière. A ces forets de lances , à ces épais bataillons , à ces escadrons brillans formés par l’élite des soldats de l’Europe, qui auroit pu reconnoître des corps d’armées échappés aux rigueurs des saisons , à la fatigue , aux hasards des combats ? Etoient-* ce là ces débris dont se composoient les armées alliées selon les bulletins de Napoléon? Alors tomba le bandeau que des mains perfides et cruelles avoient étendu sur tous les yeux depuis tant d’années !

On eût dit une armée de Titans et de Centaures , à l’aspect de ces légions accourues des

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