‹ Histoire des CampagnesChapitre 141 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

bords du Volga , de la Sprée et du Danube , et de cette immense cavalerie de l’Asie et de l’Europe. Le cœur étoit affligé , et les yeux se rcmplissoient de larmes devant cet appareil nouveau, devant cette pompe étrangère, devant ce cortège de la force et de la victoire ; mais bientôt le besoin de la paix, l’amourde l’humanité et de la patrie l’emportoient sur l’orgueil national. Les Parisiens étonnés contemplèrent avec admiration et comme un spectacle inconnu jusqu’alors , une armée resplendissante au milieu de six cent mille citoyens dans une sécurité parfaite; un peuple entier circulant au milieu de dix peuples divei*s comme parmi ses propres frères; une armée ennemie enfin , reçue comme une armée nationale rentrant au sein de sa famille. La marche de ces troupes qui , transportées de contrées si éloignées, sembloient défilera une parade, étoit partout accompagnée de signes les moins équivoques des dispositions de la multitude ; la différence du langage étoit effacée j>ar un même sentiment qii’inspiroient la haine de l’oppression et l’ardent désir de retrouver enfin une autorité tutélaire , éprouvée par les siècles , seule’ digne de la France et de l’Europe. Ce vœu se manifestoit dans l’enceinte de Paris par

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le concert et l’élan de toutes les nations de l’Europe, qui n’en fonnoient plus qu’une seule. La curiosité si naturelle à l’égard de tant de peuples étrangers, de patrie, de costume et de langage , et l’intérêt qu’excitoit «ne si grande scène , firent place à une sorte d’exaltation , quand , au milieu d’un étatmajor magnifique et immense, composé de princes , d’officiers-généraux , de ministres d’Elat, d'ambassadeurs, tous à cheval, brillant de la splendeur qui entoure les grands souverains , on aperçut l’empereur Alexandre, le roi de Prusse et le grand-duc Constantin, ayant auprès d’eux le généralissime prince de Schwartzenberg et l’ambassadeur d’Angleterre, lord Cathcart. La foule se précipita aussitôt vers les deux monarques, en criant T^ive T empereur Alexandre ! Vive Fredéric- Gulllaume ! On vouloit les contempler tous les deux. Le peuple , mêlé aux personnes , d'une classe supérieure , vouloit voir Alexandre et loucher son cheval. On pressoit ses malus, ses genoux, ses habits; on le dévoroit, pour ainsi dire, au milieu des cris Vivent nos libérateurs ! Ce n’étoit pas de ces seules acclamations que l'air retentissoit ; elles étoient mêlées à d’autres acclamations qui augmen-

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