LIVRE XVII
toient graduellement , et bien plus bruyantes encore, celles de f^ive le Roi! Five Louis XF III! A bas h tyran! Vivent les Bourbons ! Ces cris exprimoient nettement à quelles conditions les royalistes entendoient rendre hommage aux libérateurs. Aux éclats tumultueux de la multitude se joignoient les applaudissemens redoublés qui partoient de toutes les fenêtres des maisons situées le long de la ligne jusqu’aux Champs-Elysées^ Les balcons des plus beaux hôtels étoient garnis de personnes distinguées , agitant des mouchoirs blancs et battant des mains. L’empressement avec lequel on se portoit sur le passage des troupes , rctardoit leur marche sans l’interrompre. Aux différentes haltes la foule se mêloit dans les rangs ; les Parisiens serroient la main des soldats , et leur offroient des rafraîchissemens et des liqueurs : mais aucun soldat ne vouloit rien prendre sans payer.
Pendant toute la marche de cet imposant cortège , marche qui dura plusieurs heures , les deux souverains répondirent aux acclamations d’un peuple immense , par une affabilité sans bornes , par les expressions les plus rassurantes de l’intérêt qui les animoit pour
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le bonheur de la France et de l’Europe. Ld peuple, dans son étonnemeht, voyoit enfin pour la première fois , depuis vingt années , des rois qui étoient hùmmes, et qui l’invitoient à les approcher. Avec quelle curiosité empressée on les contetnploit ! Les paroles les plus flatteuses sortoient de leurs bouches. <t Nous ne venons pas en conquérans , nous » sommes vos alliés , répétoicnt-ils sans cesse.
, » Je porte les Français dans mon cœur , »
s’écrioit l’empereur Alexandre. Un jeûné homme, M. Charles du Rozoir, ayant témoigné à ce puissant monarque son admiration sur l'afFabilité avec laquelle il accueilloit le moindre citoyen, Alexandre lui fit cetlo réponse : « N’ est-ce jçias pour cela que nous 3» sommes souverains? »
Les royalistes , se groupant autour du crar , n’avoient cessé de lui redemander à grands cris leur roi légitime; Alexandre, de son côté, par des signes gracieux et une sorte d’approbation tacite , sembloit dire aux Parisiens : « Si tel 3» est votre vœu , il sera accompli ! » Ce fut aussi pendant cette marche que le vicomte de Pons et le vicomte de Malartic, s’approchant du czar , lui demandèrent la permission de faire flotter le drapeau blanc sur le châ-