LIVRE XVIII
3ir
■» viles considérations personnelles , ils com- » primoient plus long-temps la voix de leur i> conscience.
» Elle leur crie que vous devez les maux » qui vous accablent à un seul homme : c’est » lui qui chaque année, par la conscription, » décime nos familles; c'est lui qui, au lieu » de quatre cents millions que la France payoit » sous nos bons et anciens rois, pour être libre, » heureuse et tranquille , nous a surchargés de » plus de dix - sept cents millions d’impôts » auxquels il menace d’ajouter encore ; c’est » lui qui nous a fermé les mers des deux » mondes, qui a tari toutes les sources de » l’industrie nationale , arraché aux champs » les cultivateurs , Les ouvriers à nos manu- » factures.
» A lui nous devons la haine de tous les » peuples, sans l’avoir méritée , puisque , » comme eux , nous fûmes les malheureuses » victimes bien plus que les tristes instrumen» » de sa rage.
« N’est-ce pas lui enfin qui , i cdoutant, par- » dessus tout, la vérité, a chassé outrageuse- •> ment, à la face de l’Europe , nos législateurs, » parce qu’une fois ils ont tenté de la lui dire .» avec autant de ménagement que de dignité?.
3is CAMPAGNE DE i8i4.
» Il n’est pas un d’entre nous qui , Mans le » secret de son coeur , ne le déteste comme un » ennemi public ; pas un qui , dans ses plus J) intimes communications , n’ait formé le vœu }> de voir arriver un terme à tant d’inutiles » cruautés. <
» Le vœu de nos cœurs et des vôtres, nous » serions les déserteurs de la cause publique » si nous tardions à l’exprimer.
» L'Europe en armes nous le demande : elle }> l’implore comme un bienfait envers l’huma- » nité , comme le garant d’une paix universelle » et durable. Parisiens! l’Europe en armes ne l’obtiendroit pas de vos magistrats, s’il n’étoit j> pas conforme à leurs devoirs.
» Mais c’est au nom de ces devoirs' même » et des plus sacrés de tous que nous abjurons J» toute obéissance envers l’usurpateur, pour » retourner à notre maître légitime.
» S'il y a des périls à suivre ce mouvement » du cœur et de la conscience , nous les accepi> tons ; riiistoire et la reconnoissance des j> Français recueilleront nosenoras, et les » légueront à l’estime de la postérité (i). »
(i) Cette proclamation, rëJlgéepar M. Bellart, membre du çc;nseil, fut adoptée et «ignée coUectiYement par MM. Lebeav,