LIVRE XVIIl
Oui , magistrats de Paris , la postérité , comme la patrie, vous saura gré d’avoir pris cette courageuse initiative. Honneur au conseil municipal I la France et l’Europe leur doivent peut-être leur salut. • ' 'i .
Il restoit un dernier coup à porter car la politique réclamoit lacoopcration du sénat et du corps-législatif, -premiers corps de l’Etat. Mais pendant dir'ans'io sénat avoit tenu la France e* l’Europe enchaînées aux pieds-d’un Corse; il avoit plus affligé la terre et plus déshonoré le cœur humain, qnc'le sénat de Tibère et celui de 'Néron 4
■ Telle 'étoit du moins , à l’égard de^ce premier rouage du gouvernement impérial , l’expression unanime de l’opinion publique. On convenoit cependant qu’il renffermoitunc foule de membres estiniables qui m’avoient dû’ leur élévation qu’à leurs talens , à la 'considération dont ils étoienl environnés-, ou aux sendees signalés qu’ils avoient rendus à la patrie : les
uns dans la carrière des armes ; d’autres dans
celle de l’administration publique , ou des négociations. G’étoit donc moins les’ indiridus
préuclent; de Monlamant, scrr«?la!re ; Badenier, Barthélémy, Bonomet, Boschcron, de Lamoignon, Defttrc, Gauthier, d’Harcoui-t , Pérignon cl Via|.
qui cxcitoicntle déchaînement que l'institution elle-même. Façonnée , subjuguée par l’oppresseur , elle étoit devenue en quelque sorte antinationale. Maiscombien de sénateurs enavoient gémi en secret ! combien de sénateurs avoient eu le cœur navré des tristes obligations que leur avoit imposées un despotisme pour ainsi dire inévitable ! Le colosse une fois ébranlé , on pouvoit s’attendre que le sénat céderoit aii vœu public avec autant de facilité qu’il avoit plié sous la volonté impérieuse de Napoléon.
Ce corps se croyoit écrasé sous les débris du trône impérial , quand la déclaration suivante vint lui donner une existence nouvelle.
« Les armées des puissances alliées ont occupé la capitale de la France. Les souverains alliés accueillent le vœu de la nation française.
» Ils déclarent :
j> Que si les conditions de la paix dévoient renfermer de plus fortes garanties , lorsqu’il s’agissoit d’enchaîner l’ambition de Buonaparte , elles doivent être plus favorables , lorsque , par un retour vers un gouvernement sage , la France elle-même offrira l’assurance de ce repos.
» Les s^verains proclament en conséquence :