‹ Histoire des CampagnesChapitre 164 sur 267 · LIVRE XVIIL Sa · texte numérisé non relu

LIVRE XVIIL Sa

V sénat d’après la résolution qu’il a prise aui> jourd’hui. ». .

Ainsi , d’un seul mot , cent cinquante mille Français, captife aux extrémités de l’Europe et de l’Asie , alloiént rentrer dans le sein de leurs familles ; ainsi Alexandre , voyant le premier corps de l’Etat décidé à souscrire au bonheur des Français, voulut qu’aucun d’eux n’y fût étranger, et n’eût à gémir sur une terre lointaine , tandis que des jours sereins alloicnt luire sur leur patrie.* Ce trait digne des Titus et des Marc-Aurèle reproduisoit aux regards de la nation , les attributs de l'autorité souveraine , embellie des charmes de la bienfaisance. ’r i ; : i

Les sénateurs i sortirent- de J'audience du czar , pénétrés de gratitude et d’ admira-? tion. . • .0-;.)

Le pluspuissantsouverain delaterrevenoitde répandre la joie et i’attendrisselment dans tou^ les cœurs. Dans les cercles , dans les lieux pu* blics, dans l’intérieur des familles, partout on s’entretenoit de la magnanimité d’Alexandre) on citôit des mots heureux cl louchans sortis de la bouche de ce prince. En passant devant la colonne de la place Vendûmc, et en regardant la statue , il avait dit aux «eigneurs

qui.rentouroient : « Si j’étois place si haut ^ J) je craindrois d’en 6tre étourdi. »

Il avôit fait le' même jour la réponse suivante aux personnes qui lui prolesloient que son arrivée avoit été attendue et désirée depuis long- temps à Paris : « Je serois venu plus » tôt ; n’accusez de mon retard que la valeur française. » Eloge aussi vrai que délicat, et honorable pour la nation qui en étoit l’objet.

Le lendemain , soixante-dix-sept membres du corps législatif , alors à Paris , se réunirent dans la salle ordinaire de leurs séances , et adhérèrent à l’acte du sénat , qui prononçoit la déchéance de Napoléon et de sa famille ; les adhésions du corps des avocats et de la cour de cassation , qui suivirent immédiatement , invoquoient la charte qui devoit assurerdésormais la liberté publique, et rendre à la France les descendans de Henri IV. On put juger dès lors que la révolution marcheroit d’un pas plus ferme, et que toutes les autorités se groupcroicnt successivement autour du sénat et du go\ivcrnement provisoire. Les ofiiciers généraux ne pouTOient tarder non plus de donner à l’armée l’exemple de leur dévouement à la pairie. Ceux qui se trouvèrent alors à Paris n’hésitèrent pas de se dé-

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