‹ Histoire des CampagnesChapitre 167 sur 267 · LIVRE XVlll · texte numérisé non relu

LIVRE XVlll

tempête publique , l’écrit célèbre intitulé ; de Buonaparte et des Bourbons ÿ écrit inspiré par deux passions généreuses : la haine de l’oppression et l’amour de la royauté légitime écrit achevé au bruit du canon , et publié sur la brèche. Il fit bientôt tomber le voile qui couvroit encore la tyrannie militaire qui pesoit depuis dix ans sur la France ; bientôt même il fit revivre dans les cœurs français le besoin impérieux d’une autorité paternelle et tutélaire. Disonsde, car ceci appartient à Thistoire d’une si grande époque , la pensée , même les traits de cette brillante philippique, où respire parfoisle génie de l’éloquence grecque et romaine , appartenoient en concurrence à l’association honorable qui aspiroit depuis si lorç-temps à relever la monarchie , et dont M. de Chateaubriand n’étoit que l’organe. Le danger qu’«ntrainoit l’existence matérielle d’un tel écrit , avoit paru si effrayant , que , pour en mieux dérober toutes les pages, madame de Chateaubriand les avoient portées pendant près de deux mois cachées sur son sein.

Que d’erreurs , que de fausses idées redressa ce vigoureux parallèle entre la tyrannie et la bienfaisance d'un pouvoir sacré ! à peine dix mille exemplaires , .dévorés en quinze jours , purent satisfaire la curiosité publique.

Cependant l’aigreur et la défiance régnoicnt toujours dans cette immense capitale , et les bruits inquictansse confimioientsurles dispositions des troupes. On savoit que les corps forcés le 3o mars dans les positions en avant de Paris, avoient manifesté dans leur mouvement d’évacuation par la barrière d’Enfer , des impressions fâcheuses , accusant les Parisiens de les avoir abandonnés. Ces troupes tristes , sans être abattues, n’avoient pas dissimulé qu'elles se replioient avec le désir et l’espoir de la vengeance ; on ajoutoit que Napoléon les avoit trouvées , au nombre d’environ quinze mille hommes à Essonne , et qu’après les avoir passées en revue, il leur avoit offert, pour récompense de la reprise de Paris , quarantehuit heures de pillage.

Le gros de l’armée, après avoir passé à Troyes , la cavalerie au galop , l’infanterie au pas de course, s’étoit dirigé vers Fontainebleau , par la route la plus directe ; les têtes de colonnes n’y étoient point encore arrivées quand parut, de retour de sa mission à Paris ,. le grand-écuyer Caulaincourt.

Avant n\ême qu’il eût parlé , on put se «douter que tout venoit d’être rejeté , et que les négociations ne présentoient plus aucun espoir.

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