LIVRE XVIII
» les maréchaux duc de Trévise et de Raguse ,
]> et celui du général Compans , après avoir » couru à la défense de Paris, se sont repliés » entre Paris et Essonne, où l'empereur a y» pris position avec toute l'armée qui arrive » de Troyes.
» L'occupation de la capitale par l’ennemi 3» est un malheur qui afdige profondément le » cœur de S. M. , mais sur lequel on n'aura •> pas long-temps à gémir. L'ennemi ne sauroit <» garder une ville aussi populeuse , où sa posi- » tion seroit trop critique : la présence de » l'empereur avec son armée , aux portes de • la capitale, l'obligera bientôt de l’évacuer. N 11 n’en pourra détacher au plus que quelques 1) troupes légères pour inquiéter les départe-; n mens voisins.
» L’empereur se porte bien, et vcüle pour 7> le salut de tous.
» S. M. l’impératrice et le rûi de Rome sont J» en sûreté.
» Les rois , frères de l’empereur , les grands f> dignitaires, les ministres,' le sénat et le coqw seil d'Etat se sont portés sur les rives de la » Loire , où le centre du gouvernement s’étaf) blit provisoirement. >
» Ainsi , l’action du gouvernement ne sefa
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J) point paralysée : les bons citoyens, les vrâi'J. » Français, peuvent être affligés de l’occu- » pation de la capitale; mais ils ne doivent pas en concevoir de trop vives alarmes : qu’ils » se reposent sur l’activité de l’empereur et sur » son génie , du soin de notre délivrance.
» Malgré les succès que l’armée coalisée '» vient d’obtenir, et dont elle ne s’enor- » gneillira pas long-temps , le théâtre de la 3> guerre est encore loin de vous. Si quelques i> coureurs , attirés par l’espoir du pillage , » osoient se répandre dans vos campagnes , ils »’vous trouveroient armés pour défendre vos »' femmes , vos enfans , vos propriétés. » Ainsi, le même système d’imposture , qui avoit servi à désoler la France , sur le penchant de sa ruine , étoit encore pratiqué avec audace par les principaux salariés du gouvernement. Mais la politique adroite et profonde, qui avoit inspiré au prince de Talleyrand d'amener le sénat à prononcer la déchéance de Napoléon , frappoit déjà de stupeur ses adhérens , et paralysoit tous les ressorts de l’autorité administrative qu’ils auroient exercée encore en sa faveur dans les' provinces non envahies. Cette seule conception d’un homme d’Etat alloit faire écrquler tout Tédificé impé-