LIVRE XVIII
rial, et forcerN apoléon à renoncer^ pour lui et ses héritiers au pouvoir suprême.
Décidés néanmoins à élever gouvernement contre gouvernement , ses frères et ses ministres venoient de se réunir à Blois, devenu le siège de la régence ; ils y avoient établi les bureaux de la guerre , et quatre cents commis travailloient nuit et jour au recrutement de l’armée. Les communications étant libres encore avec plusieurs divisions militaires , on alloit tenter d’arracher de nouvelles levées à ces malheureux pays , en atten-! daiit qu’ils devinssent le théâtre de la guerre? civile.
Pour préparer l’exécution de ces projeta sinistres, la régence éphémère de Blois répandit avec profusion , dans une moitié de la France , la proclamation suivante, datée du 3 avril , et signée Marie-Louise :
« Français , les événemens de la guerre ont » mis la capitale au pouvoir de l’étranger.
» L’empereur, accouru pour la défendre ,i » est à la tête de ses armées si» souvent victo- » rieuses. .
» Elles sont en présence de l’ennemi sous, » les murs de Paris.
» C'est de la résidence que j’âi choisie, et
» des ministres de l’empereur qu’émaneront » les seuls ordres que vous puissiez recon- » noître.
» Toute ville au pouvoir de l’ennemi cesse » d’être libre ; toute direction qui en émane » est le langage de l’étranger , ou celui qu’il » convient à ses vues hostiles de propager.
» Vous serez fidèles à vos sermens : vous » écouterez la voix d’une princesse qui fut re- » mise àvotre foi , qui fait sa gloire d’être Fran- 3> çaise, d’être associée aux destinées du souve- » rain que vous vous êtes librement choisi.
» Mon fils étoit moins sûr de vos cœurs au » temps de vos prospérités.
)) Ses droits et sa personne sont sous votre » sauve- garde.' '
» Contresignée Montalivet , faisant fonction y> de secrétaire de la régence. »
Ainsi , ce n’étoit pas deTarmée que partoit le signal des discordes civiles , mais de quelques ministres d’un gouvernement déchu <jui s’obstinoient à sacrifier la patrie pour conserver leurs richesses et leurs dignités. '
Ce fut au milieu de ces tristes présa^s que les négociateurs de Fontainebleau chargés de pleins pouvoirs pour défendre les intérêts de