‹ Histoire des CampagnesChapitre 178 sur 267 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

elle le droit de dclibe'rer sur le sort des empires, et d’intervenir dans la succession des couronnes? La force armee ne délibère point, elle obéit aux Ipis. Les généraux eux- memes ne venoient-ils pas de baisser leurs épées devant la volonté nationale , donnant ainsi le plus bel exemple d’abnégation et de patriotisme? Un conseil de régence d’ailleurs n’eût été qu’un nouveau comité de salut public , un gouvernement révolutionnaire, ou enfin une «tratocratie (i). Livrer la France aux passions des soldats , c’eût été la ramener aux élections •tumultuaires et vénales du Bas-Empire; c’eût été la vouer à la tyrannie militaire , de tous les gouvernemens le plus épouvantable. .

Ces grands intérêts furent discutés jusqu’à sept heures du matin. On se sépara ; et rien n’étoit encore décidé. L’empereur Alexandre convoqua , pour deux , heures après midi , les négociateurs de Buonaparte et le gouvernement provisoire , manifestant l’intention de consulter le roi de Prusse avant d’annoncer le parti auquel s’arrêteroient les alliés. Ainsi, le sentiment de Frédéric-Guillaume alloit être d’un grand poids dans cette détermination

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(i) Le gouvernement de^'gte^ratyt. t

366 CAMPAGNE DÊ 1814.

politique. Un membre du gouvernement pra: visoire , le général comte Beurnonville , qui ,• pendant son ambassade à Berlin , avoit eu avec ce monarque des relations honorables, prit aussitôt la résolution de se rendre lui-même chez le roi avant que le c^ar pût y arriver. Il s’y présente, et fait sentir au roi tous les inconvéniens de la régence , la facilité qu’auroit Buonaparte de reprendre les rênes du gouvernement, et combien il importoit d’élever à jamais entre lui et Berlin une barrière insurmontable , afin de soustraire la Prusse à sa vengeance. Le roi , aisément con-> vaincu , décida sans peine l’empereur de Russie à éloigner toute idée de régence , et à deux heures , ht czar en fit lui-même la déclaration aux ambassadeurs de Buonaparte et au gouvernement provisoire (1).

Voilà comment furent écartées les prétentions de Napoléon et de sa famille; voilà

(i) Un compatriote de Buonaparte, le général Potzo dî Borgo , aujourd’hui ambassadeur de Russie auprès de Louis XVIII, est regardé * aussi comme un des hommes d'Ëtat qui ont le plus contribué , par la fermeté de leurs conseib , à faire prévaloir le rétablissement de la monarchie , et b faire triompher la cause des rois.

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